La Banque centrale du Congo a tranché. « EquityBCDC est une filiale d’Equity Group Holdings Plc, société à capitaux exclusivement privés. L’État kényan n’a aucune participation, directe ou indirecte, dans le capital de cette institution. » Avec cet avis public, l’autorité bancaire met fin aux spéculations qui ont circulé ces derniers jours et rappelle que les dépôts des clients sont sécurisés et que la banque « dispose d’une solidité financière confirmée ».
Rassurer le marché… et ramener la discussion sur les faits
Pourquoi cette mise au point ? Parce que la confiance est le premier actif d’une banque. Sur un marché congolais souvent sensible aux rumeurs, l’intervention directe du régulateur écarte une confusion inutile : la maison-mère, Equity Group Holdings (EGH), est un groupe coté à Nairobi, détenu par des investisseurs privés. Aucune ligne d’actionnariat public kényan n’apparaît dans les documents récents d’EGH.
Les chiffres récents confortent ce cadrage. Au premier semestre 2025, EquityBCDC a dégagé 9,1 milliards de shillings kényans de bénéfice net (environ 71,4 millions USD), en hausse d’environ 22 % sur un an, faisant de la filiale congolaise l’un des principaux contributeurs du groupe. Cette performance, publiée par la maison-mère, renforce l’argument de solidité opérationnelle avancé par la BCC.
D’un point de vue prudentiel, la Banque centrale n’a pas seulement dissipé une rumeur ; elle a aussi rappelé sa mission : protéger les épargnants et préserver la stabilité du système. Elle invite les ménages, les entreprises et les partenaires publics à poursuivre normalement leurs opérations avec EquityBCDC. Plusieurs médias congolais ont d’ailleurs relayé cette position en soulignant la continuité des services et l’absence de risque sur les dépôts.
Les documents investisseurs 2024-2025 confirment la montée en puissance du pays au sein du groupe, portée par la bancarisation, les paiements et le financement des PME. Le tableau d’ensemble montre un groupe rentable, en croissance régionale, qui communique trimestriellement des indicateurs détaillés aux marchés. Ce flux d’information, public et vérifiable, est précisément ce que les régulateurs encouragent pour limiter les emballements.
Les craintes confondent parfois origine géographique d’un groupe privé et contrôle étatique. Or, la privatisation progressive engagée au Kenya a plutôt consisté ces dernières années à réduire les participations publiques dans diverses sociétés cotées, loin d’une logique d’emprise accrue de l’État sur les banques commerciales. Ce contexte national, même s’il ne concerne pas directement EGH, contredit l’idée d’une main étatique kényane sur EquityBCDC.
L’environnement réglementaire. La place discute encore des exigences de localisation du capital et de la diversification des actionnaires en RDC, dans la perspective d’un secteur plus large et plus résilient. L’éclairage de la BCC d’aujourd’hui ne porte pas sur ces chantiers, mais il s’inscrit dans une même logique : stabilité, transparence et lisibilité pour éviter toute fragilité auto-infligée au système. Les observateurs qui souhaitent faire un pas de côté trouveront d’ailleurs, dans les données consolidées d’EGH et les publications locales, de quoi suivre la contribution de la RDC à la trajectoire du groupe et mesurer, trimestre après trimestre, l’évolution des marges et du coût du risque.
La BCC a clarifié la structure capitalistique d’EquityBCDC et garanti la sécurité des dépôts. Deux : les résultats 2025 de la filiale appuient ce message de solidité. Trois : la meilleure prévention contre les emballements reste une communication proactive des banques sur leur gouvernance, leurs ratios et leurs performances, avec des références publiques faciles à vérifier. C’est sobre, mais c’est ce qui rassure quand le bruit monte.
— M. KOSI


