Le 19 janvier 2026, le franc congolais s’est apprécié après une intervention de la Banque centrale du Congo (BCC) sur le marché des changes. Au taux officiel (« indicatif »), le dollar s’échangeait à 2 139,13 CDF, contre 2 186,58 CDF le 9 janvier. Sur le marché parallèle, le dollar est passé de 2 370 CDF à 2 280 CDF sur la même période.
Selon les chiffres repris par l’ACP, cela correspond à une appréciation de 2,17 % à l’interbancaire et de 3,80 % au parallèle. Un mouvement qui intervient quelques jours après la vente par la BCC de 50 millions USD, annoncée comme une réponse à des tensions alimentées par la spéculation.
Une opération ciblée contre la spéculation et pour alimenter les banques en dollars
La séquence démarre juste après les fêtes. Au 31 décembre, le dollar se changeait autour de 2 192 CDF au taux indicatif, avant une hausse rapide jusqu’à 2 340 CDF le 5 janvier 2026. Dans ce contexte, la Banque centrale a injecté le 8 janvier un montant de 50 millions USD au taux de 2 040 CDF pour 1 dollar.
L’objectif affiché est technique mais clair : fournir des liquidités en devises au système bancaire pour éviter que la demande ne se reporte massivement vers le marché parallèle, où les prix montent souvent plus vite. Dans un communiqué, la BCC parle d’un « suivi rapproché » du marché qui, au 10 janvier, met en évidence une tension sur le segment parallèle, qu’elle attribue à des « spéculations liées à des anticipations négatives » de quelques opérateurs.
En pratique, lorsque la Banque centrale met des dollars à disposition des banques, elle cherche à réduire la rareté de la devise. Moins de rareté signifie, en théorie, moins de pression sur le taux de change. Cette logique vise aussi à limiter l’écart entre le marché officiel et le marché parallèle, un écart qui sert souvent d’indicateur de confiance ou de défiance dans la monnaie.
La BCC indique vouloir poursuivre la vente de devises pour renforcer l’usage des circuits bancaires formels. L’enjeu dépasse la simple courbe du taux de change : une hausse brutale du dollar renchérit rapidement les produits importés, pèse sur les prix et, à terme, sur le pouvoir d’achat.
— Peter MOYI



