Le sac de ciment gris de 50 kg se vend désormais à Mbuji-Mayi entre 30 et 32 USD depuis le week-end dernier, selon des sources locales. Ce niveau est presque le double des prix observés à Kinshasa et dans le Haut-Katanga. En une semaine, la hausse atteint 20 % à 28 %, après un prix autour de 25 USD la semaine précédente.
Cette augmentation est d’abord liée à une rareté du produit sur le marché de Mbuji-Mayi. Les mêmes sources expliquent que l’approvisionnement a été perturbé, ce qui a réduit les volumes disponibles dans la ville. Résultat : plusieurs dépôts ont enregistré des ruptures de stocks, et les vendeurs ajustent leurs prix à la hausse.
Un problème logistique qui s’installe, en attendant la cimenterie de Katanda
Les difficultés d’approvisionnement ne datent pas de ce week-end. En juin 2025, Mbuji-Mayi avait déjà connu une tension similaire : le sac de 50 kg était passé de 24 à 27 USD, dans un contexte de stocks limités et de demande soutenue de la part des entreprises de construction actives dans la province.
À cette période, la Fédération des entreprises du Congo (FEC) avait pointé des contraintes logistiques, en particulier le blocage de tonnages en provenance du Grand Katanga. Selon la FEC, ce blocage était lié à une disponibilité insuffisante des wagons de la SNCC, ce qui a ralenti les livraisons.
Cette fois, les sources locales relient la situation à l’effondrement du pont Katongoka dans le Haut-Lomami, sur un axe utilisé pour acheminer le ciment vers le Kasaï Oriental. Avec moins de livraisons, la ville se retrouve rapidement sous pression, et les prix suivent.
Dans ce contexte, beaucoup attendaient un relais local : la cimenterie de Katanda, en construction depuis août 2024, est présentée comme un projet capable de stabiliser les prix. L’usine affiche une capacité de 300 000 tonnes par an, avec une extension possible à 1,2 million de tonnes. Elle devait entrer en production en février 2026, mais, selon des informations recueillies sur place, ce démarrage n’a pas encore eu lieu.
— M. MASAMUNA



