Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) vient de franchir une nouvelle étape dans sa lutte contre la fraude pétrolière. Le ministre des Hydrocarbures, Aimé Sakombi Molendo, a officiellement introduit un programme de marquage moléculaire des produits pétroliers le 20 août 2024 à Lubumbashi, visant à combattre un fléau qui pèse lourdement sur les finances publiques.
Une perte de revenus considérable pour l’État
La contrebande de produits pétroliers en RDC s’apparente à une véritable saignée financière pour l’État. Selon les estimations du ministère des Hydrocarbures, les pertes annuelles liées à cette activité illégale se chiffrent en centaines de millions de dollars. Ces fonds, qui pourraient être alloués à des projets de développement, sont détournés, privant ainsi le pays de précieuses ressources.

Pour remédier à cette situation, le ministre Sakombi Molendo a souligné l’importance du nouveau programme de marquage moléculaire. « Ce dispositif permettra non seulement de sécuriser les recettes de l’État, mais également de mettre un terme à un commerce illicite qui met en péril l’économie nationale », a-t-il déclaré.
La création d’une brigade des hydrocarbures pour renforcer les contrôles
L’une des mesures phares annoncées par le gouvernement est l’installation, en septembre prochain, d’une brigade des hydrocarbures dans la zone Sud du pays. Cette brigade aura pour mission de sensibiliser les opérateurs pétroliers aux dangers de la fraude, tout en instaurant un cadre de sanctions strictes. Les contrôles débuteront dès novembre et les sanctions pourront aller jusqu’à 10 000 dollars d’amendes, ou encore le retrait d’agréments indispensables à l’exercice des activités dans le secteur pétrolier.
Ce programme est également vu comme une opportunité de renforcer la transparence et la conformité des opérateurs pétroliers aux réglementations en vigueur. Les autorités espèrent que ces mesures contribueront à instaurer un climat de confiance entre les acteurs du marché et les consommateurs.
Une stratégie pour sécuriser les consommateurs et soutenir l’économie
Jacques Kyabula Katwe, gouverneur du Haut-Katanga, a exprimé son soutien à ce programme de marquage moléculaire, estimant qu’il contribuera à la certification des produits pétroliers et à la sécurisation des transactions sur le marché. « En garantissant la qualité et la conformité des produits, ce programme participe à la relance de notre économie, tout en protégeant les consommateurs », a-t-il affirmé.
Le gouverneur a également insisté sur le rôle de cette initiative dans la politique économique du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, visant à renforcer la croissance et la compétitivité du pays.
Les opérateurs pétroliers entre soutien et inquiétudes
Cependant, malgré les bénéfices attendus, certains opérateurs pétroliers expriment des préoccupations face à la mise en œuvre de ce nouveau programme. Patrick Muland, président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) pour le Haut-Katanga, a salué l’initiative tout en soulignant les défis que cela pourrait représenter pour les entreprises locales.
Avec seulement une vingtaine d’entreprises sur 120 régulièrement inspectées par le gouvernement, il a plaidé pour un accompagnement renforcé et une éventuelle subvention des produits pétroliers pour soutenir le secteur dans cette transition.
En conclusion, le programme de marquage moléculaire des produits pétroliers marque un tournant dans la stratégie de lutte contre la fraude en RDC. Si son efficacité reste à prouver sur le terrain, il constitue sans aucun doute une étape significative vers une meilleure régulation du secteur et une protection accrue des recettes publiques.
Peter MOYI






