Le directeur général de la Société nationale des chemins de fer du Congo, Fabien Mutomb, affirme vouloir restructurer les effectifs d’une entreprise qui compte 5 400 agents, dont près des deux tiers seraient éligibles à la retraite. La stratégie annoncée repose sur un fonds social destiné à financer 2 500 départs et le recrutement d’environ 1 000 nouveaux travailleurs.
Fabien Mutomb a répondu aux critiques portant sur la situation sociale de la SNCC, particulièrement le paiement des indemnités de fin de carrière. Le dirigeant présente l’âge élevé du personnel, le poids des engagements accumulés et l’insuffisance des ressources comme les principales contraintes héritées par la direction actuelle.
La SNCC emploie 5 400 agents et exerce ses activités dans douze provinces de la République démocratique du Congo. Selon son directeur général, près des deux tiers de cet effectif rempliraient déjà les conditions pour partir à la retraite, ce qui pose simultanément un problème social, financier et opérationnel.
Le maintien d’un grand nombre d’agents en fin de carrière alourdit la masse salariale et ralentit le renouvellement des compétences. Leur départ suppose toutefois le paiement préalable des indemnités et autres avantages acquis, alors que l’entreprise doit aussi continuer à financer ses opérations ferroviaires, entretenir ses équipements et rémunérer le personnel actif.
4,5 millions USD mobilisés pour 255 départs
Fabien Mutomb affirme que la SNCC a déjà financé, sur ses propres ressources, le départ de 255 agents pour un montant global de 4,5 millions USD. Cette opération aurait été réalisée sans financement de la Banque mondiale, contrairement aux précédents programmes de restructuration de l’entreprise publique.
Le directeur général soutient également que 55 jeunes ont été recrutés pour commencer à renouveler les effectifs. Sur le plan salarial, il affirme que la rémunération des agents les moins bien payés est passée d’environ 83 USD à près de 400 USD. Ces chiffres relèvent de la mise au point présentée par la direction et devront être appréciés à partir des grilles salariales, des paiements effectifs et des différentes catégories professionnelles concernées.
La défense de Fabien Mutomb intervient alors que des représentants d’anciens cheminots continuent de réclamer le règlement de leurs indemnités. Des publications relayant les organisations de retraités avancent le chiffre de 4 151 anciens agents envoyés à la retraite au cours des dix dernières années et toujours concernés par des droits non réglés. Ce nombre provient des collectifs de pensionnés et ne constitue pas encore un état financier consolidé publié par la SNCC.
Le directeur général rejette, dans ce contexte, les accusations de détournement formulées contre sa gestion. Il affirme que les ressources engagées ont été utilisées pour améliorer les rémunérations, payer les départs déjà exécutés et maintenir les activités de l’entreprise.
Cette réponse ne met pas fin au débat sur la situation des retraités. Elle déplace cependant l’analyse vers la capacité financière réelle de la SNCC à traiter simultanément les anciens dossiers, les départs futurs et le renouvellement de son personnel.
Un fonds social attendu pour financer la réforme
La direction mise désormais sur la création d’un fonds social validé par le Gouvernement. Le mécanisme doit financer le départ de 2 500 agents et permettre le recrutement d’environ 1 000 nouveaux travailleurs.
Le programme vise à éviter des départs sans indemnisation et à organiser une transition progressive des compétences. Fabien Mutomb défend une retraite qu’il qualifie d’honorable, comprenant le paiement des droits financiers et certains avantages matériels destinés à faciliter la réinstallation des anciens agents.
Pour la SNCC, la réduction des effectifs ne devrait pas se limiter à une opération comptable. Le recrutement annoncé devra cibler les métiers nécessaires à l’exploitation ferroviaire, notamment la conduite, la maintenance des locomotives et des voies, la signalisation, la logistique et la gestion des nouvelles technologies.
Le renouvellement du personnel doit aussi accompagner les besoins liés à la réhabilitation du réseau et au développement des corridors miniers. Une entreprise disposant d’agents plus jeunes, mais sans équipements fonctionnels ni trafic suffisant, ne retrouverait pas automatiquement son équilibre financier.
La réussite du fonds social se mesurera donc à travers les ressources effectivement mobilisées, le nombre d’agents indemnisés, les recrutements réalisés et la capacité de la SNCC à maintenir ses opérations pendant la transition.
Fabien Mutomb présente la réforme comme une réponse à un passif ancien plutôt que comme une simple réduction du personnel. Pour rendre cette défense vérifiable, la SNCC devra rapprocher les annonces des paiements effectués, publier l’évolution de ses effectifs et montrer comment le renouvellement social améliore concrètement la performance du chemin de fer congolais.
— M. MASAMUNA









Votre avis compte
Une precision, un chiffre a corriger, une experience terrain ou une question utile ? Votre commentaire peut enrichir le debat economique.