Le FMI projette le PIB de la RDC à 123,41 milliards USD en 2026, contre 92,83 milliards USD en 2025, soit une hausse de 32,9 %. À première vue, le chiffre impressionne. Mais la croissance réelle attendue reste limitée à 5,9 %, ce qui montre un écart important entre la valeur affichée en dollars et la production effective dans l’économie.
Une progression en grande partie liée au taux de change
Une grande partie de cette hausse s’explique par un mécanisme simple : l’appréciation du franc congolais. Quand la monnaie nationale se renforce face au dollar, le PIB exprimé en USD augmente automatiquement, même si les entreprises ne produisent pas beaucoup plus qu’avant. Dans un pays où les échanges en dollars sont fréquents, ce phénomène amplifie les variations du PIB et peut donner une image plus dynamique que la réalité économique.

Ce mouvement n’est pas sans effet positif. Un franc congolais plus stable permet de limiter l’inflation importée, notamment sur les produits venant de l’étranger, et peut soutenir le pouvoir d’achat. Mais cela ne signifie pas que l’économie crée davantage de richesse réelle. La croissance économique, elle, dépend d’éléments concrets comme la production, l’investissement ou encore l’emploi.
Sur ce terrain, la RDC reste largement portée par le secteur minier. Le cuivre et le cobalt continuent de soutenir les exportations et les entrées de devises. Cette dépendance assure une certaine dynamique, mais elle rend aussi l’économie sensible aux variations des prix sur les marchés internationaux. À côté, d’autres secteurs progressent, comme les télécommunications, la construction, les transports et certains services, même si leur poids reste encore limité.
Selon la Banque mondiale, la croissance du secteur non extractif pourrait atteindre 3,5 % en 2026. Ce signal montre un début de diversification, mais encore insuffisant pour rééquilibrer l’économie. Dans ce contexte, le niveau du PIB en dollars doit être interprété avec prudence. Il dépend du taux de change, mais aussi de l’inflation et de la structure des prix.
L’enjeu pour les prochaines années sera donc de transformer cette progression en résultats plus visibles dans la vie économique : davantage d’activités hors mines, plus d’investissements productifs et une croissance mieux répartie entre les secteurs. Sans cela, l’augmentation du PIB en dollars restera en partie un effet de conversion monétaire plutôt qu’un reflet fidèle de la richesse créée dans le pays.
— Peter MOYI



