Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a mené le 23 avril 2026 une série de consultations au Maniema avec les acteurs du secteur extractif. Cette mission s’inscrit dans une tournée nationale qui couvre plusieurs zones minières, dont l’Ituri et le Bas-Uélé. Le Maniema reste une province stratégique pour les ressources naturelles. On y exploite notamment l’or, la cassitérite, le coltan et le diamant, avec une production aurifère artisanale estimée à près de 40 % du total national.
Une activité importante, mais peu encadrée
Autour du ministre, les échanges ont réuni autorités provinciales, coopératives, exploitants artisanaux, Chambre des Mines et organisations de la société civile. L’objectif était de faire un état des lieux précis du secteur et d’identifier les blocages. Plusieurs problèmes ont été mis en avant. L’exploitation artisanale reste peu structurée, ce qui signifie que de nombreux sites échappent à un contrôle régulier de l’État. Dans ces conditions, les règles sont appliquées de manière inégale, notamment sur le plan environnemental et fiscal. La transformation locale des minerais reste aussi limitée, avec une grande partie des ressources qui quittent la province sans être traitées sur place, ce qui réduit les revenus et les emplois potentiels.
Les discussions ont également mis en lumière le faible impact des activités minières sur les communautés locales. Malgré l’importance des ressources extraites, les retombées économiques restent limitées pour les populations. Ce déséquilibre pose la question de la redistribution des revenus miniers et du rôle des structures publiques dans l’encadrement du secteur. Dans ce contexte, la mission du ministre a aussi comporté des visites de terrain, notamment à la Division provinciale des Mines et de la Géologie, ainsi que dans des unités de traitement comme CJX Minerals, Umoja Wetu et Sogecom, actives dans la cassitérite. Une antenne de DRC Gold Trading SA a également été inspectée pour évaluer les circuits de commercialisation.
À l’issue de ces échanges, plusieurs priorités ont été rappelées. Le gouvernement veut renforcer le contrôle de l’exploitation artisanale pour mieux encadrer les activités sur le terrain et améliorer la traçabilité des minerais. Il prévoit aussi de relancer certaines entreprises publiques, dont la Sokimo SA, afin de redynamiser le secteur. La question de la redistribution des revenus reste centrale, avec l’objectif d’assurer que les recettes profitent davantage aux communautés locales et aux finances publiques. Les autorités insistent enfin sur le respect des normes environnementales, souvent négligées dans les zones d’exploitation artisanale, avec l’idée d’imposer des pratiques plus responsables.
Cette mission au Maniema s’inscrit dans une logique de suivi des performances du secteur minier, avec un accent sur l’efficacité des structures locales et sur l’impact réel de l’exploitation des ressources dans l’économie.
— Peter MOYI



