La Banque centrale du Congo est représentée à la 10ᵉ Central Bank Payments Conference, organisée du 31 août au 2 septembre 2026 à Istanbul. Jody Ngongo, directeur de cabinet adjoint du gouverneur de la BCC, participe à cette rencontre consacrée à l’évolution des systèmes de paiement, aux paiements transfrontaliers, à l’interopérabilité et aux nouvelles technologies financières. Des sujets directement liés aux chantiers engagés actuellement par la Banque centrale en RDC.
Cette dixième édition réunit des représentants de banques centrales, régulateurs, infrastructures de marché et professionnels des paiements autour du thème « Payments Without Borders in a Fragmented World ». Selon les organisateurs, plus de 250 participants issus d’environ 150 organisations et de plus de 60 pays sont attendus, avec une cinquantaine de banques centrales représentées.
Les travaux portent notamment sur les paiements transfrontaliers, l’interopérabilité, les systèmes de paiement instantané, les infrastructures publiques numériques, la résilience, les monnaies numériques de banque centrale, les stablecoins et la tokenisation.
Pour Jody Ngongo, la conférence offre aux banques centrales un espace pour comparer leurs expériences et suivre les transformations qui modifient progressivement l’organisation des paiements. La question est particulièrement importante pour la RDC, où le mobile money, les banques, les fintechs et les nouveaux prestataires numériques multiplient les transactions sur des infrastructures qui doivent pouvoir communiquer entre elles.
Une participation qui accompagne la modernisation des paiements en RDC
La BCC présente aujourd’hui la modernisation du système national de paiement comme l’un des leviers de l’inclusion financière et du développement de l’économie numérique. Son architecture repose notamment sur le système ATS, qui comprend SAREC-RDC pour les paiements urgents et de grande valeur et l’ACH pour les transactions de masse, ainsi que sur le switch monétique national MOSOLO, conçu pour favoriser l’interopérabilité entre les prestataires.
La Banque centrale travaille également sur l’intégration régionale des paiements. Elle participe à différents dispositifs du COMESA et de la SADC, avec l’objectif de rendre les règlements transfrontaliers plus rapides et moins coûteux.
Cette orientation s’est renforcée en avril 2026 avec la signature d’un protocole entre la BCC et Visa. L’accord prévoit notamment le développement des infrastructures de paiement, le renforcement des capacités techniques et l’appui à l’inclusion financière. Ces axes font partie du Plan stratégique 2026-2030 de la Banque centrale, qui place la digitalisation parmi ses priorités.
La BCC indique par ailleurs avoir engagé des réflexions sur l’encadrement des fintechs et sur un éventuel projet de monnaie digitale de banque centrale, encore au stade préparatoire.
La participation congolaise à la conférence d’Istanbul intervient donc dans un contexte où la question des paiements dépasse progressivement la simple utilisation de cartes ou de mobile money. L’enjeu est désormais de construire des infrastructures capables de relier banques, opérateurs de monnaie électronique et autres prestataires, tout en sécurisant les transactions et en facilitant les paiements au-delà des frontières.
H. KABAMBA









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