L’ANSER et l’UC-PIF ont équipé quatre opérateurs de cuisson propre en outils numériques connectés à la plateforme Prospect. Le dispositif doit vérifier les ventes et les résultats avant le décaissement des subventions du mécanisme RBF, dont une première enveloppe de 1,92 million USD vise 118 515 ménages dans sept provinces.
La République démocratique du Congo commence à numériser le contrôle des subventions destinées à développer le marché de la cuisson propre. L’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain, ANSER, à travers le Fonds Mwinda, et l’Unité de coordination du Programme d’investissement pour la forêt ont remis le 11 septembre des tablettes et ordinateurs portables aux quatre entreprises retenues dans la première phase du mécanisme de financement basé sur les résultats du PIFORES.
Les opérateurs concernés sont ALTECH, BASCONS, BURN et YAHWE NISSI. La communication initiale de l’ANSER accolait certains noms, mais l’UC-PIF confirme bien quatre entreprises distinctes ayant signé leurs conventions de financement le 24 février 2026.
Cette première série de conventions représente 1,92 million USD de financement. Elle doit soutenir la distribution de 118 515 foyers améliorés dans sept provinces, à savoir Kinshasa, le Kongo Central, le Kwilu, le Kasaï, le Kasaï Central, le Kasaï Oriental et le Lomami. L’UC-PIF prévoit également la création de 295 emplois directs dans le cadre de cette phase.
Le principe du mécanisme est différent d’une subvention versée avant réalisation. Dans le financement basé sur les résultats, les opérateurs doivent d’abord produire des résultats vérifiables, par exemple des équipements effectivement vendus, installés ou utilisés, avant de pouvoir réclamer le paiement correspondant. Le Fonds Mwinda présente ce dispositif comme un moyen de conditionner l’utilisation des ressources publiques à des réalisations mesurables.
Prospect doit suivre ventes, vérifications et demandes de paiement

La plateforme Prospect constitue l’infrastructure numérique de suivi, rapportage et vérification du programme, ou dMRV. Elle centralise les données relatives aux ventes, paiements et demandes de subventions et fournit des tableaux de bord aux opérateurs, vérificateurs et gestionnaires du programme. Elle doit suivre l’ensemble du processus allant de la déclaration d’une vente jusqu’à sa vérification et au décaissement de l’aide correspondante.
Les équipements remis aux opérateurs doivent permettre aux agents et points de vente de transmettre les informations directement depuis le terrain. L’objectif est notamment de rendre les ventes traçables, de faciliter les contrôles du système MRV et de disposer d’une base de données régulièrement actualisée sur les équipements distribués.
Cette architecture est particulièrement importante pour un programme dont l’ambition dépasse largement les 118 515 ménages de la première vague. Le volet cuisson propre du PIFORES vise à terme 500 000 ménages, soit environ 2,5 millions de personnes, dans les sept provinces ciblées.
Le PIFORES dans son ensemble représente un programme de 300 millions USD, financé à hauteur de 290 millions par l’Association internationale de développement de la Banque mondiale et de 10 millions par le Clean Cooking Fund de l’ESMAP. Il couvre également l’agroforesterie, la restauration des paysages, l’aménagement du territoire et les dispositifs de mesure des résultats climatiques.
Pour la cuisson propre, l’enjeu financier se double d’une question environnementale. Une partie importante des ménages congolais dépend encore du charbon de bois et d’autres combustibles issus de la biomasse. L’amélioration de l’efficacité des équipements doit permettre de réduire la quantité de combustible utilisée et, à plus grande échelle, la pression exercée sur les ressources forestières.
La numérisation ne garantit cependant pas à elle seule la qualité des résultats. Son efficacité dépendra de la fiabilité des informations saisies sur le terrain, des procédures de vérification indépendante et de la capacité à confirmer que les équipements enregistrés ont réellement été vendus et sont utilisés par les ménages ciblés.
Le prochain indicateur à surveiller sera donc le nombre de foyers effectivement distribués et vérifiés, ainsi que la part des 1,92 million USD réellement décaissée sur la base de ces résultats. Ce sera la première mesure concrète de l’efficacité du modèle RBF appliqué à la cuisson propre en RDC.
Noella NGOLA









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