Le Gouvernement annonce une enveloppe additionnelle de 40 millions USD pour poursuivre la modernisation de la route Kananga–Kalamba-Mbuji. Sur les 230 kilomètres reliant Kananga à la frontière angolaise, 35 kilomètres sont désormais bitumés, contre 18 kilomètres recensés par l’ACGT en avril dernier. L’axe doit ouvrir davantage le Kasaï Central aux échanges avec l’Angola et au corridor de Lobito.
Le financement de la route Kananga–Kalamba-Mbuji reçoit une nouvelle rallonge. En déplacement dans l’espace Kasaï dimanche 20 septembre 2026, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a annoncé 40 millions USD supplémentaires destinés à assurer la continuité des travaux sur cet axe de 230 kilomètres. Le ministère indique que 35 kilomètres sont déjà bitumés.
Rapportés au linéaire total du projet, ces 35 kilomètres représentent un peu plus de 15 % de la route effectivement revêtue. L’évolution reste néanmoins visible par rapport à avril dernier. À cette date, l’Agence congolaise des grands travaux faisait état de 18 kilomètres modernisés sur les 230 kilomètres prévus. En cinq mois environ, 17 kilomètres supplémentaires ont donc atteint le stade du bitumage.
Le projet relie Kananga à Kalamba-Mbuji, à la frontière avec l’Angola, en passant notamment par le territoire de Luiza. La Présidence présente cette route comme une extension routière du corridor de Lobito, susceptible de connecter le centre de la RDC aux circuits commerciaux angolais et, au-delà, à l’Atlantique.
Une route de 230 km financée par le programme sino-congolais
L’ACGT, maître d’ouvrage délégué, indique que la route est exécutée dans le cadre du programme sino-congolais. L’agence avait annoncé en janvier une ouverture de la route sur l’ensemble des 230 kilomètres, tout en maintenant la fin 2027 comme horizon pour sa mise en circulation dans sa configuration modernisée.
Cette distinction est importante. Une route ouverte et praticable n’est pas nécessairement entièrement asphaltée. L’annonce du 20 septembre montre que le chantier reste encore largement concentré sur les travaux de plateforme, de fondation, d’assainissement et de revêtement avant d’atteindre le standard définitif recherché.
L’intérêt économique dépasse le seul Kasaï Central. La Banque africaine de développement travaille parallèlement sur le corridor économique transnational RDC–Angola, qui prévoit notamment la liaison Mbuji-Mayi–Kananga–Kalamba-Mbuji côté congolais, la connexion à Shikolondo et Dundo en Angola ainsi que des infrastructures frontalières et logistiques. La BAD a notamment lancé en août 2026 les études détaillées pour la construction d’un port sec à Kalamba-Mbuji.
Le même déplacement ministériel a permis de mesurer l’avancement d’un autre axe structurant. Sur Tshikapa–Kananga, 22 kilomètres entre Kaluebo et Mbulungu sont déjà asphaltés, 30 kilomètres sont en préparation et 13 kilomètres attendent encore le début des terrassements. À la rivière Miyao, le montage final de la charpente métallique du pont est prévu d’ici fin octobre.
Le pont Kaluebo, à la limite entre le Kasaï et le Kasaï Central, est par ailleurs achevé et ouvert au trafic. Son utilisation avait déjà été autorisée en août afin de remplacer l’ancien passage devenu dangereux.
Pour Kalamba-Mbuji, le principal indicateur sera désormais la vitesse à laquelle l’enveloppe additionnelle de 40 millions USD se traduira en kilomètres supplémentaires revêtus. L’échéance de fin 2027 annoncée par l’ACGT implique encore la modernisation de la majeure partie des 230 kilomètres avant que cet axe puisse pleinement remplir sa fonction logistique vers l’Angola.
Peter MOYI









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