À Davos, la RDC mise sur les minéraux critiques pour attirer des devises et stabiliser son économie

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Le 22 janvier 2026, à Davos, le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, a réuni des investisseurs autour des minéraux critiques et stratégiques. La table ronde, organisée par le ministère des Mines avec le Business Council for International Understanding (BCIU) et DP World, s’inscrit dans une démarche de positionnement de la RDC dans les chaînes de valeur liées à la transition énergétique, avec le cuivre et le cobalt au centre des discussions.

World Economic Forum DRC

Aux côtés du ministre, les directeurs généraux du CAMI, du CEEC et du Service géologique national étaient présents. Le message visait à montrer un front institutionnel uni face aux partenaires internationaux. L’objectif affiché est d’augmenter la valeur ajoutée captée “à la source”, en développant des industries locales, des chaînes de transformation et des infrastructures logistiques.

Derrière cette séquence à Davos, l’enjeu dépasse la seule politique minière. Pour un pays dont l’économie dépend fortement des exportations de matières premières, attirer des projets d’investissement et développer la transformation locale peut peser sur des variables macroéconomiques sensibles : entrées de devises, recettes publiques, niveau d’importations, et donc pression sur le marché des changes. Quand l’offre de devises se renforce, cela peut aider à réduire les tensions sur la monnaie. À l’inverse, si l’économie importe beaucoup d’équipements et de carburant sans contrepartie en devises, la pression augmente. La politique monétaire n’est jamais loin.

Ce que ces annonces peuvent changer pour le taux de change et l’inflation

Dans les économies exposées aux chocs de change, l’inflation ne vient pas seulement des prix internes. Elle passe aussi par le coût des importations, donc par la monnaie. Une stratégie qui vise à transformer localement une part des minerais et à structurer la logistique peut, à terme, modifier l’équation : moins de dépendance à l’export brut, plus de valeur créée sur place, et potentiellement des flux plus réguliers.

Kabamba Watum

Le ministre a mis en avant plusieurs projets présentés comme structurants, dont les Mines de Fer de la Grande Orientale (MIFOR). Il a déclaré :

« Nous continuons d’investir dans la numérisation et l’internationalisation de nos corridors commerciaux, tout en développant simultanément un tout nouveau réseau de pôles industriels et de corridors territoriaux. […] Il prévoit plus de 330 milliards de dollars de profits sur l’ensemble de son cycle de vie… »

Sur le volet logistique, DP World a insisté sur la nécessité d’infrastructures pour soutenir l’approvisionnement et l’exportation. Mohammed Akoojee, CEO et Managing Director Sub-Saharan Africa de DP World, a cité le port de Banana comme exemple d’investissement pouvant améliorer la chaîne d’approvisionnement :

« Les discussions ont été très enrichissantes […] notamment à travers le développement d’infrastructures logistiques telles que le port de Banana, afin d’optimiser la chaîne d’approvisionnement. »

La rencontre a rassemblé plusieurs décideurs, dont Ahmed Bin Sulayem (DMCC) et Anne Edwards (Glencore). À l’issue de la table ronde, le ministre a poursuivi avec des entretiens privés pour approfondir des pistes de coopération. Pour l’économie congolaise, l’équation est simple : plus les projets se traduisent en investissements réels et en capacités locales, plus ils peuvent peser sur les recettes, les devises et la stabilité macroéconomique.

Peter MOYI

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