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Avec des recettes publiques atteignant 14,8 % du PIB, la RDC conserve sa note B3, malgré les tensions dans l’Est

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La République démocratique du Congo (RDC) conserve sa note souveraine « B3 » avec une perspective stable, selon l’évaluation de Moody’s publiée le 29 avril 2025. Cette décision reflète une certaine résilience économique, malgré les tensions persistantes dans l’est du pays et une dépendance marquée aux matières premières.

Moody’s anticipe une croissance économique moyenne de 6 % par an entre 2025 et 2027, principalement portée par le secteur minier. La production de cuivre devrait atteindre 3,5 millions de tonnes en 2026, contre 3,1 millions en 2024, grâce à des gisements à haute teneur et des coûts d’exploitation compétitifs.

Les réformes fiscales, soutenues par le Fonds monétaire international (FMI), ont permis d’augmenter les recettes publiques à 14,8 % du PIB, contre 12 % en moyenne entre 2015 et 2020. Des mécanismes tels que la Facilité élargie de crédit (FEC) de 1,7 milliard de dollars et la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) d’un milliard de dollars ont été mis en place pour renforcer la transparence et la mobilisation des ressources internes.

Malgré ces avancées, la RDC reste exposée à plusieurs risques. La dépendance aux exportations de minerais la rend vulnérable à la volatilité des prix mondiaux, notamment en cas de baisse de la demande chinoise. Par ailleurs, le conflit dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu continue de peser sur la stabilité politique et les finances publiques.

Bien que la note « B3 » n’ait pas d’impact direct sur l’État, elle bénéficie aux entreprises, notamment dans le secteur minier. Des sociétés comme Ivanhoe Mines, qui a levé jusqu’à 750 millions de dollars sur les marchés internationaux, ou Rawbank, la plus grande banque du pays, profitent de cette stabilité financière.

La confirmation de la note souveraine par Moody’s suggère une certaine confiance dans la gestion économique de la RDC. Cependant, pour transformer cette stabilité en développement durable, le pays devra poursuivre ses efforts en matière de diversification économique, de lutte contre la corruption et de renforcement des institutions publiques.

— M. MATUVOVANGA

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