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RDC : Félix Tshisekedi, cinq ans sans boussole

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L’ancien ministre des Finances de la République Démocratique du Congo, Nicolas Kazadi, a déballé une gestion budgétaire chaotique de l’État congolais au cours de cinq premières années de la gouvernance de Félix Tshisekedi. Dans des propos directs et sans détour, Nicolas Kazadi a révélé les dérives financières constatées sous le premier mandat du président Félix Tshisekedi, pointant notamment une culture de la dépense désordonnée et un manque de rigueur dans la création des structures publiques. « Nous aimons beaucoup la jouissance. Si l’argent entre, même s’il est destiné à un projet, on se le partage d’abord, et on réfléchit après », a lancé Nicolas Kazadi, dénonçant une gestion impulsive des ressources publiques.

Selon lui, cette pratique est devenue monnaie courante au sein de l’administration, où les primes sont souvent distribuées dès qu’un financement est reçu, sans que les objectifs initiaux ne soient respectés. L’ex-ministre a surtout fustigé la création de 53 établissements publics durant le premier mandat présidentiel, sans aucune prévision budgétaire ni cadre légal approprié. Ces structures, mises en place « en cours d’année » et sans étude préalable sur les besoins en personnel, ont recruté massivement, engendrant des charges financières insoutenables pour le Trésor public. Les propos de l’ancien ministre des finances de Félix Tshisekedi révèlent une gouvernance budgétaire marquée par des procédures d’urgence et des dépassements réguliers des allocations initialement prévues.

Selon plusieurs analystes, cette manière de gérer les finances publiques affaiblit non seulement la transparence, mais fragilise aussi les équilibres macroéconomiques du pays. L’absence de planification rigoureuse rend difficile l’exécution efficace des politiques publiques et compromet les investissements dans les secteurs clés tels que l’éducation, la santé ou les infrastructures.

L’ancien grand argentier plaide pour une réforme structurelle de la gestion publique, insistant sur la nécessité d’établir un cadre budgétaire strict, basé sur la planification, la transparence et la redevabilité. Il rappelle que l’État ne peut continuer à fonctionner dans un cycle de création anarchique d’institutions et de dépenses non maîtrisées, au risque de compromettre la stabilité économique et les efforts de développement.

Les révélations de Nicolas Kazadi interviennent dans un contexte de tensions budgétaires persistantes et de critiques croissantes contre l’inefficacité de certaines structures publiques. Elles relancent le débat sur l’assainissement des finances publiques et la rationalisation de l’administration publique en RDC.

– Mitterrand MASAMUNA

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