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Avec le Train-2, la raffinerie Dangote vise 1,4 million de barils/jour et veut alimenter plus de 15 pays d’Afrique de l’Ouest

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La raffinerie de Dangote à Lagos franchit une nouvelle étape. Le groupe nigérian a signé un accord avec Engineers India Limited pour construire un second train de raffinage, avec l’objectif d’atteindre une capacité totale d’environ 1,4 million de barils par jour et de réduire fortement les importations de carburant du Nigeria.

Une raffinerie géante tournée vers l’Afrique et le monde

Le protocole d’accord a été signé par Aliko Dangote, patron du groupe, et Mme Vartika Shukla, directrice générale d’Engineers India Limited (EIL), une société d’ingénierie publique rattachée au ministère indien du Pétrole et du Gaz naturel. EIL qualifie ce partenariat de « jalon clé », car il prolonge une relation déjà ancienne et met en avant l’expertise technique indienne dans le raffinage.

Le projet concerne le Train-2 de la raffinerie installée dans la zone franche de Lekki, près de Lagos. Ce nouveau tronçon doit venir s’ajouter aux installations déjà en place : unités de raffinage, pétrochimie et production d’engrais. L’objectif affiché est clair : faire de l’ensemble industriel de Lekki l’une des plus grandes raffineries intégrées au monde, devant celle de Jamnagar, en Inde, dont la capacité atteint 1,24 million de barils par jour.

Pour le Nigeria, l’enjeu est très concret. Le pays produit du pétrole brut, mais importe encore une grande partie de ses carburants. Aliko Dangote veut inverser cette situation. Avec le Train-2, la raffinerie devrait traiter assez de brut pour couvrir les besoins du marché local, mais aussi pour exporter vers d’autres pays. Le groupe vise en particulier l’Afrique de l’Ouest, où plus de quinze pays dépendent encore fortement des importations de carburant.

EIL annonce vouloir mobiliser des équipes pluridisciplinaires pour accompagner la conception et la réalisation de ce second train. L’entreprise met en avant son expérience sur de grands projets en Asie et au Moyen-Orient. Pour le Nigeria, cela peut se traduire par une meilleure sécurité d’approvisionnement, une facture d’importation allégée et un renforcement de l’industrie locale autour de la chaîne pétrolière.

En parallèle de cet accord, Dangote a aussi signé un partenariat technique avec Honeywell. Ce groupe doit fournir des catalyseurs, des technologies de traitement avancées et des équipements destinés à améliorer la souplesse de la raffinerie et la qualité des produits finis. La coopération couvre aussi la branche pétrochimique : grâce à la technologie Oleflex de Honeywell, la production de polypropylène pourrait atteindre 2,4 millions de tonnes métriques par an.

Plusieurs analystes y voient un signal fort : si la montée en régime de la raffinerie se confirme, le Nigeria pourrait revenir au centre du jeu sur les marchés pétroliers, non plus seulement comme exportateur de brut, mais aussi comme fournisseur de produits raffinés pour l’Afrique et, à terme, pour d’autres régions.

— M. KOSI

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