La mission de quatre jours lancée le 23 août dans le Kongo Central commence à produire de nouveaux indicateurs sur le corridor Banana–Kinshasa. La route Muanda–Yema affiche désormais plus de 60 % d’exécution, tandis que la première phase du port en eaux profondes de Banana reste attendue au début de 2027. Le gouvernement doit encore inspecter la RN12, des ponts et plusieurs chantiers routiers jusqu’à Kisantu.
Le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a commencé sa tournée par Muanda, première étape d’une mission prévue jusqu’au 26 août. Contrairement à une simple visite protocolaire, cette séquence doit confronter les calendriers annoncés à l’avancement physique des ouvrages qui doivent relier la façade maritime congolaise au reste du réseau national. Les premières inspections ont permis d’établir que les travaux sur la route Muanda–Yema dépassent 60 % d’exécution.
La délégation s’est également rendue sur le chantier du port en eaux profondes de Banana. Des contraintes administratives et des déplacements de réseaux restent à résoudre, avec une échéance annoncée autour de fin septembre pour certains de ces blocages. La première phase du port reste attendue au début de 2027, un calendrier également évoqué par la direction régionale de DP World.
Le projet portuaire doit disposer, dans sa première configuration, d’un quai de 600 mètres, d’un tirant d’eau de 18 mètres, de 30 hectares d’aires de stockage et d’une capacité annuelle d’environ 450 000 EVP. DP World a confié les travaux de construction à Mota-Engil.
Le port ne suffira pas sans les routes
L’intérêt de la tournée réside justement dans cette interdépendance. Banana peut offrir à la RDC son premier grand terminal maritime en eaux profondes, mais sa rentabilité dépendra de la capacité à acheminer rapidement les marchandises entre le port, Matadi, Kinshasa et, à terme, les bassins économiques et miniers de l’intérieur.
L’ACGT inscrit cet ensemble dans un corridor de Banana de plus de 3 300 kilomètres, destiné à relier la façade atlantique aux provinces du sud-est. L’agence estime qu’environ 850 kilomètres doivent encore être construits ou réhabilités sur les sections critiques pour disposer d’un axe routier continu à l’horizon 2027.
La mission ministérielle doit ainsi se poursuivre sur la RN12 Manterne–Tshela–Singini, la route Nsioni–Mbata Khosi, plusieurs ouvrages à Matadi, les stocks de ponts métalliques ainsi que des chantiers vers Kisantu et Kwilu-Ngongo.
L’enjeu est moins d’additionner les lancements de travaux que de vérifier si ces infrastructures progressent au même rythme. Un port achevé sans routes suffisamment performantes déplacerait simplement la congestion vers l’intérieur du pays. À l’inverse, une chaîne continue entre Banana, Matadi et Kinshasa pourrait réduire les ruptures logistiques et donner davantage de poids au futur débouché maritime congolais.
Les prochaines étapes de la tournée seront donc déterminantes. Les taux d’exécution de la RN12, l’état des ponts, les calendriers des travaux autour de Matadi et les nouvelles échéances annoncées permettront de mesurer si le corridor Banana–Kinshasa avance comme un ensemble cohérent ou comme une succession de projets encore inégalement exécutés.
J. KAKESA









Votre avis compte
Une precision, un chiffre a corriger, une experience terrain ou une question utile ? Votre commentaire peut enrichir le debat economique.