L’aéroport national de Tshimpi à Matadi enregistre désormais trois mouvements de vols par semaine, selon son commandant, après plusieurs années de trafic régulier quasiment à l’arrêt. Mais sa piste de 1 570 mètres reste en latérite et sa route d’accès demeure dégradée. Air Congo a déjà inspecté le site, tandis que Safimex et l’ACGT ont engagé des études préparatoires à une éventuelle modernisation.
La situation de Tshimpi évolue quelques semaines après un constat beaucoup plus sombre. Fin juillet, Radio Okapi décrivait un aéroport sans trafic régulier depuis plusieurs années, avec une piste de 1 570 mètres jamais asphaltée et environ quatre kilomètres de route d’accès fortement dégradée. Le 22 août, Christian Alimassi, commandant de la plateforme, a indiqué à l’ACP que Tshimpi enregistrait désormais trois mouvements de vols par semaine, les mardi, vendredi et dimanche, notamment avec des Embraer 120 d’environ 30 places.
Cette reprise reste encore très limitée pour Matadi, chef-lieu du Kongo Central et l’un des principaux centres portuaires de la RDC. Trois mouvements hebdomadaires correspondent à une activité aérienne réduite pour une ville connectée au commerce international par ses installations portuaires et située sur l’axe économique Kinshasa–Matadi–Banana.
Air Congo a déjà inspecté la piste
La contrainte principale reste l’infrastructure elle-même. La piste mesure 1 570 mètres sur 30 mètres et demeure en latérite. Selon le commandant de l’aéroport, les pluies y provoquent de la boue et des sillons d’érosion, malgré des travaux de rechargement réalisés en 2025. Il estime qu’un asphaltage ou un bétonnage durable est nécessaire pour élargir les possibilités d’exploitation de la plateforme.
Des démarches préparatoires ont commencé. Une équipe de Safimex a effectué des relevés topographiques avant de retourner à Kinshasa pour produire son rapport. L’Agence congolaise des grands travaux a également visité le site dans le cadre des préparatifs concernant notamment la route d’accès. À ce stade, ces interventions relèvent encore des études et travaux préparatoires, et non d’une reconstruction déjà engagée de la piste.
Le signal le plus intéressant concerne Air Congo. Une mission de la compagnie nationale s’est rendue à Matadi pour inspecter la piste en vue d’une éventuelle desserte, selon le responsable de Tshimpi. Cette visite ne constitue pas encore l’annonce d’une nouvelle ligne. Le site officiel d’Air Congo indique que la compagnie exploite principalement des Boeing 737-800 sur son réseau actuel, ce qui rend déterminante l’évaluation technique de Tshimpi avant toute décision commerciale.
Pour Matadi, la question dépasse donc le simple retour de quelques vols. Le développement du port de Banana, les investissements routiers du Kongo Central et l’intensification attendue des activités logistiques augmentent progressivement les besoins de mobilité entre la province, Kinshasa et les autres centres économiques du pays.
L’aéroport dispose désormais d’un premier signe de reprise, mais trois mouvements hebdomadaires restent très éloignés d’une desserte aérienne capable d’accompagner pleinement l’activité économique de Matadi. Le prochain indicateur sera le passage des études topographiques à un chantier financé et exécuté sur la piste et sa route d’accès.
Noella NGOLA









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