La tonne de batteries usées exportées par la RDC s’est vendue à 497,94 USD entre le 8 et le 13 décembre 2025, contre 501,61 USD la semaine précédente. Soit une baisse de 0,73 % sur un produit qui apporte des devises au pays.
Un marché fragile mais stratégique pour la RDC
Selon les mercuriales du ministère du Commerce extérieur, consultées par l’ACP, le prix de référence de la tonne de batteries usées a donc reculé sur les marchés internationaux durant cette période. Ces mercuriales servent de barème pour suivre l’évolution des produits exportés par la RDC et donner un signal aux opérateurs économiques.
Le document officiel rappelle que la hausse ou la baisse des produits miniers, agricoles et forestiers dépend surtout de l’offre et de la demande à l’échelle mondiale, mais aussi de la fluidité de la chaîne d’approvisionnement. Quand le transport se complique ou que les stocks augmentent, les prix peuvent bouger rapidement. Pour un pays comme la RDC, qui vit largement des matières premières, ces mouvements influencent directement les recettes d’exportation et donc la capacité de l’État à financer ses dépenses.
Les batteries usées occupent une place particulière dans ce paysage. Elles servent d’abord à une « seconde vie » pour le stockage d’énergie, avant d’être recyclées. Lors du recyclage, les industriels récupèrent des matériaux précieux comme le lithium, le cobalt ou le nickel. Ces métaux entrent ensuite dans la fabrication de nouvelles batteries et d’autres biens de consommation. L’objectif est simple : tirer le maximum des ressources déjà extraites et réduire la pression sur de nouveaux gisements miniers.
En RDC, on retrouve ces batteries usagées surtout dans les grandes villes et les zones industrielles, là où se concentrent véhicules, groupes électrogènes et équipements électroniques. Kinshasa et ses environs en sont un exemple, tout comme les régions proches des sites miniers et des bases-vie d’entreprises.
La RDC reste toutefois mieux connue pour l’extraction de matières premières nécessaires aux batteries — cobalt, cuivre, lithium — que pour le recyclage des batteries en fin de vie. Aucun pays ne « fabrique » des batteries usées : elles sont le résultat de l’utilisation de véhicules électriques, de téléphones ou d’ordinateurs dans le temps. La Chine domine la production de batteries neuves et pèse lourd sur ce marché mondial. Une grande partie des batteries usées en circulation provient ainsi de produits fabriqués dans ce pays.
Le recyclage industriel à grande échelle se développe surtout dans certains États qui misent sur l’économie circulaire, comme la Norvège, le Costa Rica ou le Canada. La RDC, elle, se situe aujourd’hui surtout au début de la chaîne de valeur, par l’exportation de matières premières et de batteries usées, alors que la transformation profonde et le recyclage restent concentrés ailleurs.
— M. KOSI


