La Banque Centrale du Congo a retiré 134,1 milliards de francs congolais de liquidités du système bancaire à l’issue de l’adjudication des Bons BCC organisée le 1er juillet 2026. Cette opération porte l’encours global de ces titres monétaires à 2 205,85 milliards de CDF, selon la note de conjoncture publiée par l’institution. (BCC)
Concrètement, la BCC a temporairement immobilisé une partie des disponibilités détenues par les banques commerciales. En contrepartie, celles-ci reçoivent des titres rémunérés dont les échéances s’étendent de sept à 168 jours. L’objectif consiste à empêcher qu’un excès de monnaie disponible alimente des tensions sur le taux de change ou une accélération des prix.
L’encours total se répartit entre 500 milliards de CDF à sept jours, 230 milliards à 28 jours, 730 milliards à 84 jours et 745,85 milliards à 168 jours. La structure montre que la Banque centrale ne se limite plus aux interventions de très courte durée. Une part importante de la liquidité est désormais absorbée sur trois à six mois, ce qui permet à l’autorité monétaire de mieux encadrer les fonds disponibles dans les banques.
Plus de 1 000 milliards CDF proposés par les banques
Pour cette adjudication, la BCC avait annoncé des plafonds de 500 milliards de CDF à sept jours, 150 milliards à 28 jours, 200 milliards à 84 jours et 100 milliards à 168 jours.
Les banques commerciales ont présenté des offres totalisant 1 001,1 milliards de CDF. Les soumissions ont atteint 828 milliards sur l’échéance de sept jours, 75 milliards à 28 jours, 35 milliards à 84 jours et 63,1 milliards à 168 jours. La Banque centrale a retenu 673,1 milliards de CDF, dont 500 milliards sur la maturité la plus courte et la totalité des montants proposés sur les trois autres échéances.
La différence entre les 673,1 milliards de CDF souscrits et la ponction nette de 134,1 milliards s’explique par le remboursement de titres arrivés à échéance. Une partie des fonds retirés lors de l’adjudication remplace donc des Bons BCC précédemment remboursés. L’encours net augmente de 134,1 milliards, alors que les nouvelles souscriptions sont nettement plus élevées.
La forte demande pour les titres à sept jours donne également une indication sur le comportement des banques. Les offres ont dépassé de 328 milliards de CDF le plafond fixé par la BCC sur cette échéance. Les établissements bancaires semblent privilégier un placement court, rémunéré et rapidement récupérable, plutôt qu’une immobilisation plus longue de leurs ressources.
Les titres à sept jours ont offert un taux moyen pondéré de 11,55 %, contre 13,13 % à 28 jours et 13,50 % pour les échéances de 84 et 168 jours. Les taux marginaux ont atteint 12 % à sept jours et 13,5 % sur les autres maturités.
Un retrait de liquidités qui ne correspond pas à un emprunt public
Le Bon BCC ne doit pas être confondu avec le Bon du Trésor. Le premier est émis par la Banque centrale pour réguler la quantité de monnaie disponible dans les banques. Le second permet au gouvernement de financer ses besoins de trésorerie.
Lorsqu’une banque achète un Bon BCC, les fonds ne disparaissent pas définitivement. Ils sont immobilisés auprès de la Banque centrale pendant une période déterminée, puis remboursés avec des intérêts. La BCC présente cet instrument comme un moyen de gérer les fluctuations des avoirs libres des banques et d’éviter qu’une liquidité excédentaire se dirige vers le marché des changes ou les biens et services.
Cette intervention intervient alors que le taux directeur de la Banque centrale est fixé à 13,5 % depuis le 9 avril 2026, après une baisse de 15 %. La facilité de prêt marginal se situe à 17,5 %. La BCC avait justifié cet assouplissement par le ralentissement de l’inflation et la résistance de l’activité économique.
La ponction du 1er juillet montre que la baisse du taux directeur ne signifie pas l’abandon du contrôle monétaire. La BCC peut assouplir le coût de son refinancement tout en retirant ponctuellement les excédents qu’elle juge susceptibles de perturber la stabilité monétaire.
Pour les banques, les Bons BCC représentent une possibilité de placement rémunéré et relativement court. Mais une hausse prolongée de leur encours peut aussi détourner une partie des ressources qui auraient pu financer les entreprises ou les ménages. Cet effet dépend toutefois de la demande de crédit, du niveau de risque des emprunteurs et de la quantité de liquidités réellement excédentaires dans le système.
L’encours de 2 205,85 milliards de CDF montre que cet instrument occupe désormais une place importante dans la conduite de la politique monétaire congolaise. La prochaine question portera sur l’équilibre entre deux objectifs. La BCC doit continuer à protéger le franc et la stabilité des prix, sans rendre les placements monétaires plus attractifs que le financement de l’économie productive.
— M. KOSI









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