Le projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026 a été déclaré recevable par le Sénat, mardi 7 juillet, après sa présentation par le Vice-Premier Ministre, Ministre du Budget, Adolphe Muzito. Ce collectif budgétaire est arrêté en équilibre, en recettes et en dépenses, à 50.295 milliards CDF, soit environ 21,9 milliards USD, sur la base d’un taux de change de 2.290 CDF pour un dollar.
Ce niveau traduit une baisse de 7,4 % par rapport au budget initial, qui s’élevait à 54.336 milliards CDF, soit près de 22 milliards USD au taux de 2.467 CDF pour un dollar. La réduction s’explique principalement par la contraction des ressources extérieures, en recul de 42 %. À l’inverse, les recettes propres progressent de 6,9 %, ce qui permet au Gouvernement de réajuster certaines priorités.
Les recettes courantes sont ainsi revues à la hausse, passant de 14,4 milliards USD à 15,2 milliards USD, soit une augmentation de 739,5 millions USD. Ces ressources supplémentaires doivent notamment financer les salaires, les transferts et subventions, les investissements sur ressources propres et certaines dépenses exceptionnelles.
Des recettes propres en hausse, mais des appuis extérieurs en recul
Le collectif budgétaire 2026 montre un contraste important. D’un côté, l’État améliore ses recettes internes. De l’autre, la baisse des ressources extérieures réduit la taille globale du budget. Cette situation oblige le Gouvernement à adapter l’exécution budgétaire aux moyens réellement disponibles.
Selon les données présentées au Sénat, les ressources additionnelles issues des recettes courantes seront affectées à plusieurs postes. Les salaires recevront 45 millions USD, les transferts et subventions 87 millions USD, les investissements financés sur ressources propres 162 millions USD, tandis que les dépenses exceptionnelles absorberont 360 millions USD.
Cette répartition montre que le Gouvernement cherche à protéger certaines charges sociales et à maintenir des investissements malgré la baisse des appuis extérieurs. Mais elle confirme aussi la pression exercée sur les finances publiques, dans un contexte où les besoins sociaux, sécuritaires et infrastructurels restent élevés.
650 millions USD d’euro-obligations intégrés au budget
Le projet de loi intègre également la première tranche des euro-obligations, pour un montant de 650 millions USD. Ces ressources doivent être orientées vers le financement de projets d’investissement structurants. Le texte prévoit aussi une hausse des émissions d’obligations du Trésor de 308 millions USD, afin de contribuer à la couverture du déficit budgétaire.
Ce choix donne plus de place au financement par le marché. Il peut permettre à l’État de soutenir certains projets prioritaires, mais il exige aussi une gestion stricte de l’endettement, des échéances de remboursement et de l’affectation réelle des fonds mobilisés.
La recevabilité votée par le Sénat ouvre donc la voie à l’examen du texte. Pour le Gouvernement, l’objectif est d’ajuster le budget 2026 aux conditions économiques actuelles, tout en garantissant le financement des salaires, des dépenses sociales, des investissements prioritaires et des engagements exceptionnels de l’État.
Le débat se déplacera désormais vers la qualité de l’exécution. Les chiffres votés devront se traduire en dépenses maîtrisées, en projets suivis et en recettes effectivement mobilisées. C’est sur ce terrain que le collectif budgétaire montrera son utilité pour l’économie nationale.
— M. KOSI









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