L’École nationale d’administration, ENA RDC, annonce avoir produit et publié ses premiers états financiers annuels depuis sa création en 2013. L’exercice clos au 31 décembre 2025 présente une forte progression des revenus de l’institution, passés de 1,7 million USD en 2024 à 5,4 millions USD en 2025, selon son directeur général Tombola Muke.
Cette hausse représente une progression de 218 % en une année. Pour la direction générale, elle résulte d’une stratégie de diversification des sources de financement de l’École. Les états financiers publiés indiquent notamment un chiffre d’affaires de 1,65 milliard CDF en 2025, contre 132,1 millions CDF en 2024, ainsi que des subventions d’exploitation de 7,25 milliards CDF en 2025, contre 4,52 milliards CDF l’année précédente.
L’ENA précise que ces états financiers ont été audités et certifiés sans réserve par le Collège des Commissaires aux comptes. Leur mise à disposition du public s’inscrit dans une démarche de transparence, de reddition des comptes et de modernisation de la gestion administrative.
Des comptes publiés pour renforcer la transparence
La publication des états financiers constitue un signal important pour une institution chargée de former les cadres de l’administration publique. Pendant plus d’une décennie, l’ENA n’avait jamais produit d’états financiers annuels publiés. Cette régularisation donne désormais une base chiffrée pour suivre ses revenus, ses charges, son résultat et sa trésorerie.
Les documents financiers montrent aussi une amélioration du résultat net. Le compte de résultat affiche un résultat net de 1,94 milliard CDF en 2025, contre 195,8 millions CDF en 2024. L’excédent brut d’exploitation atteint 2,39 milliards CDF, contre 195,8 millions CDF un an plus tôt.
La structure du bilan traduit également une hausse de la taille financière de l’institution. Le total général de l’actif net passe de 5,42 milliards CDF en 2024 à 7,52 milliards CDF en 2025. Les capitaux propres progressent aussi, pour atteindre 7,32 milliards CDF à fin 2025.
Pour Tombola Muke, ces résultats traduisent une gestion plus structurée et une volonté de placer l’ENA dans une logique de performance publique. Le directeur général affirme que cette démarche répond à l’ambition portée par le Vice-Premier Ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, autour d’une idée centrale : réformer l’ENA pour contribuer à la réforme de l’État.
Une réforme administrative qui devra se mesurer dans la durée
La progression des revenus est un indicateur positif, mais elle ne suffit pas à elle seule à mesurer la transformation d’une école publique d’administration. Le vrai test sera dans l’usage des ressources mobilisées : qualité des formations, modernisation des outils pédagogiques, meilleure sélection des apprenants, suivi des diplômés et contribution réelle à la professionnalisation de l’État.
L’effort de publication des comptes peut toutefois créer une nouvelle discipline. En rendant les données accessibles, l’ENA accepte d’exposer sa gestion à l’examen du public, des partenaires et des institutions de contrôle. Cette transparence peut renforcer la confiance, surtout si elle devient une pratique annuelle et non un exercice isolé.
Les charges de personnel restent importantes dans les comptes 2025, avec 3,65 milliards CDF, contre 3,06 milliards CDF en 2024. Les services extérieurs atteignent 2,28 milliards CDF, tandis que les autres charges s’élèvent à 3,32 milliards CDF. Ces chiffres montrent que la hausse des revenus s’accompagne aussi d’un besoin de suivi strict des dépenses.
Pour l’ENA RDC, l’année 2025 peut donc servir de point de référence. L’institution dispose désormais d’une base financière publiée, d’un résultat positif et d’une trajectoire de revenus en forte hausse. Reste à transformer cette amélioration comptable en résultats visibles pour l’administration : former mieux, gérer avec rigueur et produire des cadres capables d’accompagner la modernisation de l’État.
— M. KOSI









Votre avis compte
Une precision, un chiffre a corriger, une experience terrain ou une question utile ? Votre commentaire peut enrichir le debat economique.