Le projet de budget 2026 met l’accent sur trois postes lourds pour les finances publiques : la sécurité, le paiement de la dette extérieure et la masse salariale de l’État. Le gouvernement affirme vouloir financer ces priorités sur fonds propres, sans dépendre uniquement des appuis extérieurs.
Comment le budget 2026 organise les dépenses de l’État ?
Le gouvernement s’aligne sur la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. L’idée centrale est de concentrer l’argent public là où la pression est la plus forte : sécuritaire, budgétaire et sociale.
La sécurité arrive en tête. Une partie importante des ressources sera orientée vers les FARDC et la PNC. La « mécanisation » des nouvelles unités signifie que des militaires et policiers jusqu’ici non repris régulièrement sur la paie de l’État seront désormais inscrits de façon formelle. Sur le plan budgétaire, cela augmente la charge mensuelle, mais cela permet aussi de mieux contrôler la dépense, de réduire les paiements parallèles et d’éviter les primes informelles.
Le paiement de la dette extérieure constitue un autre pilier. L’État doit faire face à ses échéances en devises. Inscrire cette priorité dans le budget 2026, c’est envoyer un signal aux bailleurs et aux marchés : la RDC veut rester à jour dans ses obligations. Ces paiements pèsent sur la trésorerie publique, mais ils conditionnent aussi la capacité du pays à négocier de nouveaux financements à des taux supportables.
Le texte insiste aussi sur la revalorisation salariale des agents et fonctionnaires de l’État. Cela signifie que la masse salariale va progresser. Sur le plan économique, cette décision a deux effets. D’un côté, elle améliore le pouvoir d’achat d’une partie de la classe moyenne urbaine, ce qui peut soutenir la consommation intérieure. De l’autre, elle accroît les charges récurrentes du budget et limite les marges de manœuvre pour d’autres investissements si les recettes ne suivent pas.
Le recensement de la population et l’organisation des élections apparaissent comme des dépenses d’investissement institutionnel. Ce sont des postes qui demandent des montants élevés sur une période courte, mais qui ne reviennent pas chaque année au même niveau. Pour le Trésor, cela implique d’anticiper des pics de décaissement et de sécuriser les ressources correspondantes.
La réhabilitation des infrastructures routières, ferroviaires et aéroportuaires s’inscrit, elle, dans une logique de croissance à moyen terme. Réparer les routes, les rails et les aéroports demande des budgets importants, souvent étalés sur plusieurs exercices. Ces dépenses pèsent sur le déficit si les recettes ne couvrent pas l’ensemble, mais elles peuvent aussi soutenir l’activité des entreprises locales de construction et améliorer la compétitivité du pays en réduisant les coûts de transport.
Au final, le budget 2026 se présente comme un exercice d’arbitrage entre plusieurs besoins concurrents : financer la sécurité, respecter les engagements extérieurs, améliorer les salaires publics, et dégager malgré tout des moyens pour les infrastructures et les opérations électorales. Tout l’enjeu pour le gouvernement sera de maintenir l’équilibre entre ces priorités sans creuser un déficit que l’économie ne pourrait pas absorber.
— Peter MOYI



