Cuivre, 851 600 tonnes en 2025, cobalt sous contrôle, 0 export au T4 2025, Glencore mise sur le cuivre jusqu’au 31 mars 2026

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Glencore a terminé 2025 avec 851 600 tonnes de cuivre produites sur ses propres sites et coentreprises, soit 11 % de moins qu’en 2024 (951 600 tonnes). Le groupe met en avant un redressement net sur la deuxième partie de l’année, avec 507 700 tonnes au second semestre, 48 % de plus qu’au premier semestre (343 900 tonnes). Un rebond qu’il relie surtout à des teneurs plus élevées et à de meilleurs rendements de traitement dans plusieurs mines, dont KCC et Mutanda.

Derrière ces chiffres, une idée domine dans la stratégie affichée par Glencore : maximiser le cuivre, même si cela implique de ralentir le cobalt, dans un contexte où la RDC encadre désormais les exportations de cobalt par un système de quotas.

Le cobalt sous quotas, une contrainte commerciale qui change l’équation

Pour comprendre l’enjeu, il faut distinguer trois étapes : produire, exporter, vendre. Une entreprise peut extraire et traiter du cobalt, mais si les exportations sont limitées, les ventes ne suivent pas au même rythme. C’est précisément le cadre décrit par Glencore en RDC.

Le groupe indique que la RDC a levé l’interdiction d’exportation du cobalt au quatrième trimestre 2025, puis a instauré des quotas. Il évoque une montée en puissance des contrôles avec des retards au démarrage, et précise que les quotas non utilisés au quatrième trimestre 2025 peuvent encore être consommés jusqu’au 31 mars 2026.

Dans ce contexte, Glencore affirme que KCC et Mutanda n’ont exporté aucun cobalt au quatrième trimestre 2025. Les volumes autorisés en 2025 restent donc mobilisables jusqu’à fin mars 2026. Glencore publie aussi ses allocations attendues : 22,8 kt de quotas pour 2026 (y compris le reliquat 2025), puis 18,8 kt pour 2027, répartis entre KCC (16,1 kt en 2026, 13,3 kt en 2027) et Mutanda (6,7 kt en 2026, 5,5 kt en 2027).

Cette contrainte éclaire le recul du cobalt sur l’année : Glencore annonce 36 100 tonnes en 2025, soit 5 % de moins qu’en 2024 (38 200 tonnes). Le groupe explique avoir planifié son activité pour prioriser le cuivre plutôt que le cobalt, en tenant compte des restrictions d’exportation. Il note aussi qu’au quatrième trimestre 2025, la production de cobalt est inférieure de 2 000 tonnes à celle du troisième trimestre.

Glencore dit avoir assez d’inventaires pour utiliser ses quotas et prévoit d’exporter selon les allocations en 2026-2027. Il ajoute que le cobalt produit au-delà des volumes vendables serait conservé en encours ou stocké comme produit fini dans le pays.

Cette situation a une conséquence économique directe, y compris pour le cuivre. Glencore publie un coût unitaire de cuivre à 183,0 cents par livre en 2025, contre 169,1 cents en 2024. Il explique que ce niveau a été affecté par l’absence de ventes de cobalt en RDC depuis l’introduction des restrictions début 2025, car le cobalt, en tant que sous-produit, peut contribuer à amortir une partie des coûts du cuivre.

Sur le cuivre justement, Glencore attribue la baisse annuelle à des facteurs techniques liés aux mines : des teneurs plus faibles et des récupérations en baisse, en lien avec la séquence d’exploitation et la qualité du minerai envoyé aux usines. Il cite des baisses à Collahuasi (-68 100 tonnes), Antamina (-14 600 tonnes) et Antapaccay (-9 900 tonnes). Il mentionne aussi la fermeture de la mine MICO à Mount Isa à mi-2025, entraînant une baisse de 13 300 tonnes enregistrée dans son pôle zinc.

À l’inverse, l’amélioration au second semestre repose sur des hausses attendues liées aux teneurs, notamment à KCC (+62 300 tonnes), Antamina (+19 100 tonnes) et Antapaccay (+40 500 tonnes) entre les deux semestres.

Dans le reste de son portefeuille, Glencore annonce 969 400 tonnes de zinc en 2025, en hausse de 7 % par rapport à 2024, tirées par des teneurs plus élevées à Antamina et une progression à McArthur River. Le nickel recule à 71 900 tonnes (contre 82 300 tonnes en 2024). L’or baisse à 604 000 onces et l’argent progresse à 20 425 000 onces.

Sur le charbon, Glencore souligne la progression du charbon sidérurgique à 32,5 millions de tonnes en 2025, contre 19,9 millions en 2024, en grande partie parce que l’activité Elk Valley Resources (EVR) acquise en juillet 2024 pèse désormais sur une année complète. Le charbon énergie recule légèrement à 98,0 millions de tonnes, que Glencore relie à des réductions volontaires à Cerrejón annoncées en mars 2025.

Les prix réalisés publiés donnent un autre repère pour le marché : le cuivre est indiqué à 9 855 USD la tonne en moyenne, proche de la moyenne LME sur 12 mois (9 954 USD). Le zinc ressort à 2 835 USD (moyenne LME : 2 870 USD) et le nickel à 15 284 USD (moyenne LME : 15 162 USD). Pour le charbon, Glencore indique 168,7 USD par tonne pour le charbon sidérurgique et 80,3 USD pour le charbon énergie en 2025, après ajustements liés au portefeuille.

Pour 2026, Glencore vise 810 à 870 kt de cuivre, après 851,6 kt en 2025. Il annonce aussi des fourchettes pour le nickel (70-80 kt) et le charbon, mais pas de guidance chiffrée pour le cobalt, jugeant l’environnement trop incertain sous un régime de quotas qui s’applique au moins jusqu’à fin 2027. Le groupe dit enfin attendre un EBIT ajusté “Marketing” 2025 autour du milieu de sa fourchette relevée en juillet 2025, comprise entre 2,3 et 3,5 milliards USD par an.

Peter MOYI

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