Budget en RDC, Adolphe Muzito promet des mesures sur la rétrocession, l’ANSER et les sous-gestionnaires des crédits

Partager

Le mardi 3 février 2026 à Kinshasa, le vice-Premier ministre et ministre du Budget, Adolphe Muzito, a reçu des députés provinciaux, l’ANSER et des sous-gestionnaires des crédits. Les échanges ont porté sur la rétrocession qui arrive mal, la Caisse de péréquation, des arriérés de 8 mois et l’exécution du budget de l’électrification rurale.

Au Centre financier de Kinshasa, la journée du VPM du Budget s’est organisée en trois temps. D’abord, une délégation du caucus des députés provinciaux. Ensuite, une équipe de l’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER). Enfin, le comité de corps des sous-gestionnaires des crédits du ministère du Budget.

La première délégation était conduite par Mateus Kanga Londimo, président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo. Le message apporté au ministre du Budget est resté centré sur des difficultés concrètes que disent vivre plusieurs provinces.

Les élus provinciaux ont insisté sur le problème du fonctionnement quotidien des institutions provinciales. Dans leur langage, cela passe par la rétrocession qui « ne vient presque pas ». La rétrocession, c’est l’argent que le pouvoir central doit reverser aux provinces pour financer une partie de leurs dépenses courantes. Quand ces transferts arrivent en retard ou n’arrivent pas, les provinces ont du mal à payer certaines charges, à faire tourner les services, ou à soutenir des actions locales.

Adolph MUZITU

Le deuxième point cité concerne la Caisse de péréquation. Cette caisse est censée aider à réduire les écarts entre provinces en appuyant celles qui ont moins de moyens. Si son fonctionnement est bloqué ou insuffisant, les provinces les plus fragiles disent ressentir encore plus vite le manque de ressources.

Mateus Kanga Londimo a aussi évoqué la question des arriérés des institutions provinciales. Il parle d’un retard de 8 mois. Des arriérés, ce sont des sommes dues mais non payées dans les délais. Pour une administration provinciale, cela peut toucher des factures, des charges de fonctionnement, ou des paiements attendus par des services publics.

Après cette réunion, la délégation a affirmé être sortie avec des assurances du VPM du Budget sur une prise en compte rapide de ces préoccupations. Le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo a indiqué que des instructions auraient été données pour relancer les « réengagements », avec l’idée d’aller vite jusqu’à l’exécution dans la chaîne de la dépense. Dans les finances publiques, cette chaîne désigne les étapes qui permettent à une dépense de passer de la décision à un paiement effectif. Si une étape bloque, l’argent n’arrive pas.

Rétrocession, décaissement, salaires, ce que les acteurs attendent du budget

Le deuxième échange a réuni Adolphe Muzito et la délégation de l’ANSER. Le directeur général de l’agence, Cyprien Musimar, a dit attendre un appui pour que le budget prévu pour sa structure soit réellement exécuté.

Son constat est simple : les années précédentes, l’ANSER a eu des difficultés à faire son travail car « le budget ne suivait pas ». Dans le langage budgétaire, cela renvoie au décaissement, c’est-à-dire le moment où l’argent est effectivement libéré et mis à disposition. Un budget voté ou inscrit sur papier ne suffit pas si les décaissements tardent. Pour un organisme chargé de projets d’électrification en milieux rural et périurbain, le retard des décaissements peut ralentir la planification, l’achat d’équipements ou le lancement d’activités sur le terrain.

Cyprien Musimar a indiqué que, cette fois, l’ANSER veut « faire bien son travail » et a salué l’attention accordée à ses demandes, avec la promesse d’une implication du VPM pour accélérer les décaissements par rapport aux années antérieures. Là aussi, l’enjeu est concret : sans décaissement, les projets restent des intentions. Avec décaissement, une agence peut engager des dépenses et avancer.

La troisième rencontre concernait l’administration du ministère du Budget elle-même, à travers le comité de corps des sous-gestionnaires des crédits. Ce groupe a mis sur la table trois sujets : la rémunération, l’avancement en grade et la prise en compte de l’ancienneté ainsi que des tâches exercées au profit de l’État.

Les sous-gestionnaires des crédits jouent un rôle technique dans l’exécution budgétaire. Ils interviennent dans le suivi de certaines dépenses et dans l’organisation des procédures internes. Quand leur rémunération ou leur progression de carrière pose problème, cela peut créer des frustrations au sein de l’administration, avec des effets possibles sur le climat de travail et la continuité des tâches.

Le président de ce comité, Jean Claude Makyma, s’est dit satisfait de la réaction du VPM du Budget. Il a parlé d’une écoute et d’un suivi promis sur leurs revendications. Il a aussi indiqué qu’un conseiller du ministère serait mis à la disposition du comité pour accompagner le dossier.

Jean Claude Makyma a ajouté un point de méthode : selon lui, les réformes proposées « par l’extérieur » doivent être adaptées aux réalités du pays pour réussir, en tenant compte de préalables socioculturels. Cette position renvoie à un débat fréquent dans les finances publiques : comment appliquer des réformes budgétaires ou administratives en respectant le contexte local, sans les copier de façon mécanique.

Au final, la journée du 3 février 2026 montre trois demandes qui se recoupent autour d’un même sujet : l’exécution. Les provinces attendent des transferts et le paiement d’arriérés. L’ANSER attend des décaissements plus rapides. Les sous-gestionnaires des crédits attendent des réponses sur la rémunération et la carrière. Dans chaque cas, l’enjeu est que les décisions budgétaires se traduisent en paiements réels et en actions visibles.

— M. KOSI

En savoir +

A la Une