Kinshasa, les dépôts de carburant perdent leurs agréments après l’incendie de Sokopao

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Au lendemain d’un incendie au quartier Sokopao, dans la commune de Limete, la ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola, a ordonné le retrait immédiat des agréments de tous les dépôts de stockage de produits pétroliers à Kinshasa. L’annonce a été faite mardi 3 février, lors d’une visite sur le lieu du sinistre, avec ses services techniques.

La décision vise un contrôle complet des sites avant toute reprise d’activité. Elle intervient dans un secteur qui touche directement le quotidien des ménages, car l’essence et le gasoil pèsent sur le coût du transport, des biens alimentaires et, au final, sur l’inflation.

Une mesure de sécurité qui peut peser sur l’offre et les prix à court terme

Sur le terrain, la ministre a mis en cause la présence d’installations jugées dangereuses, surtout lorsqu’elles sont implantées près des habitations. Elle a défendu une approche de « tolérance zéro » pour forcer les opérateurs à se mettre aux normes. « La loi est dure, mais c’est la loi. Nous ne pouvons plus tolérer que des dépôts de carburant fonctionnent sans respecter les normes de sécurité les plus élémentaires, mettant ainsi en péril la vie de nos concitoyens », a-t-elle déclaré.

Sur le plan économique, cette fermeture administrative généralisée crée deux risques immédiats. D’abord, un risque de tension sur l’approvisionnement si plusieurs dépôts restent fermés longtemps, avec des files d’attente et des coûts logistiques plus élevés. Ensuite, un risque de pression sur les prix à la pompe, surtout si le carburant doit être déplacé sur de plus longues distances ou stocké ailleurs dans l’urgence. Dans un pays où le transport compte fortement dans les prix, une hausse du carburant se répercute vite sur le panier du ménage.

Les autorités locales se disent prêtes à accompagner l’opération. La bourgmestre de Limete, Nathalie Alamba Feza, a annoncé qu’elle transmettra une liste des dépôts et des stations-service présents dans sa commune, pour faciliter les inspections et repérer les établissements clandestins.

Les services techniques du ministère évoquent aussi une réévaluation de la cartographie des installations pétrolières dans toute la capitale, avec l’idée de déplacer les stocks stratégiques hors des zones à forte densité humaine. Si cette réorganisation se fait rapidement et de manière transparente, elle peut réduire le risque d’accidents, stabiliser la chaîne d’approvisionnement et limiter les chocs de prix qui alimentent l’inflation.

— Peter MOYI

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