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Buenassa recrute un vétéran de la finance pour structurer le financement de sa raffinerie cuivre-cobalt en RDC

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Le groupe Buenassa vient de renforcer ses équipes avec le recrutement de Wesley Davis comme conseiller principal du PDG pour la mobilisation de capitaux. Cette arrivée intervient à un moment-clé : la société entre dans la phase de structuration financière de sa future raffinerie de cuivre et de cobalt en République démocratique du Congo.

Âgé de plus de soixante ans, Wesley Davis n’est pas un nouveau venu dans l’univers des grands projets industriels. Son parcours couvre plus de 30 ans dans la finance internationale, avec des passages remarqués chez des institutions telles que HSBC, Deutsche Bank, Merrill Lynch, Renaissance Capital, Chase Manhattan Bank ou encore Delphos International. Il a siégé aux conseils d’administration de plusieurs banques et entreprises opérant dans des économies dites « à fort potentiel », de l’Afrique de l’Est à l’Asie centrale, en passant par le Golfe.

Selon un communiqué diffusé ce 17 juillet à Kinshasa, la mission de Davis portera sur l’élaboration d’une stratégie de financement à long terme pour le projet de raffinerie de Buenassa, dont l’étude de faisabilité vient d’être bouclée grâce à un appui financier du gouvernement congolais.

L’enjeu est clair : sécuriser des fonds à la fois publics et privés pour un projet estimé à plusieurs centaines de millions de dollars. En misant sur une approche dite de « capital mixte », l’entreprise espère combiner des financements concessionnels, des apports d’investisseurs institutionnels et des mécanismes de garantie afin de limiter les risques liés à ce type d’investissement dans les pays en développement.

Wesley Davis est réputé pour son habileté à monter des opérations complexes impliquant plusieurs sources de capitaux. Dans une déclaration relayée par la presse économique africaine, il estime que « la transformation locale des minerais critiques comme le cuivre et le cobalt est non seulement une opportunité économique pour la RDC, mais une nécessité stratégique pour les chaînes d’approvisionnement mondiales ». Il promet de s’appuyer sur son réseau et son expérience pour attirer des investisseurs engagés dans la transition énergétique et la relocalisation industrielle.

Ce choix intervient alors que le marché mondial du cobalt reste soumis à de fortes pressions, notamment à cause des tensions géopolitiques autour de la Chine, qui contrôle aujourd’hui une large part des capacités mondiales de raffinage. En installant une unité de transformation en RDC, Buenassa cherche à répondre aux appels des gouvernements africains et occidentaux en faveur d’une chaîne de valeur plus équilibrée, capable de créer des emplois localement et de maximiser la valeur ajoutée sur le continent.

Avec Davis à bord, Buenassa espère accélérer les discussions avec les bailleurs multilatéraux, les agences de développement, mais aussi les fonds à impact et les acteurs du secteur privé soucieux d’investir dans les matières premières stratégiques.

La raffinerie, dont le site exact n’a pas encore été révélé, vise une capacité annuelle de traitement de plusieurs dizaines de milliers de tonnes de concentré de cuivre et de cobalt. Le projet s’inscrit dans le cadre plus large des ambitions du gouvernement congolais de réduire la dépendance aux exportations de matières premières non transformées, une orientation renforcée depuis la renégociation des accords miniers avec certains partenaires étrangers.

— M. MASAMUNA

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