Le projet de centrale hydroélectrique de Kinsuka, à l’ouest de Kinshasa, est évalué à environ 2,8 milliards USD pour un délai de réalisation estimé à 5 ans. L’information ressort du compte rendu du Conseil des ministres consulté vendredi par notre rédaction.
D’après ce document, le ministre des Ressources hydrauliques et électricité, Aimé Sakombi, a présenté une note d’informations en deux volets. Le premier porte sur l’investissement nécessaire à la construction de cette centrale. Le compte rendu est signé par Ève Bazaïba Elebe Yollande, ministre de la Culture et porte-parole intérimaire du gouvernement.
Le gouvernement met en avant un objectif clair : réduire le déficit énergétique structurel de Kinshasa. En pratique, cela signifie augmenter l’électricité disponible et la rendre plus stable pour les ménages et les services, dans une ville où les coupures et la faiblesse de l’offre restent un problème récurrent. La même source souligne aussi un enjeu plus large de sécurité énergétique nationale, avec une hausse de la capacité de production à partir d’une source présentée comme renouvelable et compétitive.
Le projet est présenté comme aligné sur les objectifs du Compact énergie RDC, décrit comme un projet structurant censé accélérer l’atteinte des cibles nationales d’accès à l’énergie et soutenir la croissance énergétique. La source indique enfin que l’accompagnement du gouvernement a été sollicité pour faciliter les étapes menant au lancement effectif des travaux.
Une carte « énergie-mines » pour attirer financeurs et investisseurs
Le second volet abordé au Conseil des ministres concerne la disponibilité d’une cartographie qui superpose les sites énergétiques et miniers, avec une analyse spatiale intégrée d’éléments jugés clés pour le développement industriel et énergétique du pays. Selon la porte-parole intérimaire, cette carte doit servir d’outil de dialogue et d’échange avec les partenaires multilatéraux, les bailleurs de fonds potentiels et les investisseurs des secteurs concernés.
L’intérêt affiché est de mieux connecter les besoins et les projets. La source précise que la superposition des deux cartes présente un enjeu particulier pour les développeurs et exploitants de centrales électriques liés au secteur minier, notamment les Producteurs Indépendants d’Électricité (IPP). Concrètement, un IPP est une entreprise qui produit de l’électricité et la vend, sans être l’opérateur public, souvent via des contrats avec des clients industriels ou avec le réseau.
Toujours selon le compte rendu, Aimé Sakombi a encouragé le renforcement des synergies entre son ministère et celui des Mines pour promouvoir cette carte auprès des partenaires et investisseurs, avec l’objectif de matérialiser des projets qui font avancer en même temps l’énergie et les mines. La source ajoute que cette collaboration doit aussi permettre une meilleure capitalisation des partenariats stratégiques existants autour de cette cartographie.
Le document évoque plusieurs usages attendus : mise en œuvre de projets structurants alignés sur le Compact Énergie National, identification de zones de friction et d’opportunité, planification des infrastructures et modernisation digitale. Enfin, la source indique que le Cadastre Minier (CAMI) travaille activement à la modernisation de sa cartographie pour intégrer ces données géospatiales plus complexes.
— Joldie KAKESA

