Ciment à Kinshasa, le retour à la normale fait baisser les prix de 60 000 à 31 000 FC

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Le prix du sac de ciment à Kinshasa a été divisé presque par deux en trois semaines, passant de 21 dollars à environ 11 dollars, soit entre 31 000 et 33 000 francs congolais. Cette évolution découle directement de la levée de la grève des chauffeurs de camions remorques, qui paralysait depuis plusieurs semaines la distribution des matériaux de construction dans la capitale.

Avant ce mouvement social, le sac de ciment s’échangeait à près de 60 000 FC (environ 21 dollars), un niveau rendu intenable par la rupture des chaînes logistiques provoquée par l’arrêt quasi total des transports. Cette pénurie artificielle a conduit à une forte inflation locale des prix, pénalisant lourdement les acteurs du secteur de la construction, déjà confrontés à des marges serrées.

La reprise du trafic routier a rétabli l’offre sur le marché kinshasaise. Le nouveau tarif autour de 11 dollars correspond à un ajustement plus conforme aux coûts réels d’importation et de distribution. Cette chute des prix révèle combien la fluidité des transports conditionne l’équilibre des marchés de matières premières en RDC, où l’économie repose encore largement sur des chaînes d’approvisionnement fragiles.

Les opérateurs anticipent même une baisse supplémentaire, vers 28 000 FC (10 dollars), si le flux des livraisons se maintient. Une telle évolution aurait un impact direct sur la compétitivité du secteur immobilier, qui représente près de 7 % du produit intérieur brut congolais, selon la Banque mondiale. La réduction des coûts des matériaux de base pourrait relancer des projets en suspens et alléger la pression financière sur les promoteurs.

Sur le plan macroéconomique, cette situation illustre aussi la vulnérabilité de la RDC aux chocs sur les coûts des intrants, aggravés par des contraintes logistiques internes. La stabilité des prix des matériaux de construction contribue à contenir l’inflation globale, un facteur important dans un contexte où la Banque centrale cherche à maîtriser la monnaie et soutenir la croissance.

— M. KOSI

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