Le Gouvernement congolais a scellé un partenariat avec le consortium Sino-Congo Special Zone (SCSZ) pour bâtir la Cité industrielle Chine–Congo à Maluku, pour un coût estimé à 12 milliards USD. Porté par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, le projet vise à étendre Kinshasa vers l’Est et à doper la base manufacturière du pays.
La première étape couvre 75 km², prévoit 1 200 unités industrielles et jusqu’à 150 000 emplois directs et indirects. La coordination opérationnelle revient à l’APCSC, représentée par Freddy Shembo Yodi, sous la supervision du Gouvernement central. La signature officielle a réuni plusieurs membres de l’Exécutif : Alexis Gisaro, Jean-Lucien Bussa, O’neige Nsele, ainsi que le gouverneur de Kinshasa Daniel Bumba.
Production, exportations, emplois : cap sur une montée en gamme industrielle
Le projet s’inscrit dans les standards internationaux des zones économiques spéciales défendus par la Banque mondiale et la BAD. Les projections avancent un apport de 2 à 3 points au PIB industriel à moyen terme, via une hausse de la production manufacturière, une meilleure intégration des chaînes de valeur locales et une progression des exportations de produits transformés. L’aménagement à Maluku répond aussi à des impératifs urbains : désengorger Kinshasa, réduire la pression foncière et structurer de nouveaux pôles planifiés.
La réussite repose sur trois leviers. Gouvernance : une gestion transparente, des procédures de suivi et l’appui d’un comité d’évaluation indépendant pour sécuriser les flux financiers et la qualité des livrables. Infrastructures de base : énergie, routes, eau et connectivité doivent être disponibles avant l’arrivée des unités, afin de réduire les coûts d’installation et d’assurer la fiabilité des approvisionnements. Capital humain : des formations techniques alignées sur les besoins des filières (mécanique, électricité, maintenance, logistique) conditionnent les gains de productivité et la qualité des marges.
Sur le plan financier, une ingénierie mixte est privilégiée : ressources publiques pour les actifs structurants, investissements privés pour les ateliers et entrepôts, et financements concessionnels pour lisser le coût du capital. Les critères environnementaux et sociaux doivent être intégrés dès la conception : gestion de l’eau, traitement des effluents, contrôle des émissions, normes de sécurité au travail. Cette articulation réduit les risques opérationnels et favorise la liquidité des projets auprès des bailleurs.
À terme, Maluku peut devenir un nœud manufacturier et logistique en Afrique centrale, appuyé par des corridors de transport et des services portuaires améliorés. L’objectif est clair : convertir la croissance tirée par les mines en croissance industrielle plus diversifiée, génératrice d’emplois qualifiés et de recettes fiscales stables. L’enjeu se lit dans la chaîne de valeur : transformer localement davantage de matières premières, baisser les coûts unitaires par des volumes réguliers, sécuriser les approvisionnements en énergie et stabiliser le coût du change pour protéger les marges.
La feuille de route attendue suit une logique simple : préparer le site et les réseaux, attirer des locataires industriels crédibles, contractualiser des volumes d’énergie et des dessertes routières, puis enclencher les premières lignes de production avec un cadre fiscal clair. Si ce séquencement est respecté, la Cité industrielle Chine–Congo peut devenir un pôle de fabrication et de réexportation vers la sous-région, avec des effets d’entraînement sur les PME locales, la logistique et les services aux entreprises.
— M. KOSI



