Code minier : la FEC défend la stabilité après 3,4 millions de tonnes de cuivre

La Fédération des entreprises du Congo a ouvert, mercredi 15 juillet 2026 à Kinshasa, trois jours de discussions sur une éventuelle révision du Code minier. Le patronat demande que toute modification préserve la sécurité juridique et la prévisibilité des investissements, alors que la production nationale de cuivre aurait atteint environ 3,4 millions de tonnes en 2025.

La Rédaction

La Fédération des entreprises du Congo a ouvert, mercredi 15 juillet 2026 à Kinshasa, trois jours de discussions sur une éventuelle révision du Code minier. Le patronat demande que toute modification préserve la sécurité juridique et la prévisibilité des investissements, alors que la production nationale de cuivre aurait atteint environ 3,4 millions de tonnes en 2025.

Huit ans après la promulgation de la loi du 9 mars 2018 modifiant le Code minier de 2002, la Chambre des mines de la FEC réunit jusqu’au 17 juillet les pouvoirs publics, les entreprises, les experts, les partenaires financiers et la société civile. Le forum doit produire des recommandations sur l’évolution du cadre juridique, réglementaire et institutionnel du secteur. À ce stade, ces assises ne constituent ni l’ouverture formelle d’une procédure législative ni la présentation d’un nouveau projet de loi. Aucun calendrier officiel de révision ou contenu précis des modifications envisagées n’a encore été communiqué.

Dans son intervention, le président national de la FEC, Robert Malumba, a demandé que les discussions tiennent compte du poids économique atteint par l’industrie extractive. Il a cité une production de cuivre proche de 3,4 millions de tonnes en 2025 et des exportations estimées à 824 000 tonnes au premier trimestre 2026. Les statistiques disponibles situent également la production de cuivre métal à 843 954 tonnes sur les trois premiers mois de 2026, soit une hausse de 3 % sur un an. Ces niveaux confirment la capacité productive du pays, mais ils ne mesurent pas encore la transformation locale, les recettes fiscales réellement encaissées ou la part de valeur conservée dans l’économie congolaise.

Les chiffres avancés nécessitent une lecture plus précise

La hausse de 72 % d’un budget d’exploration porté à 86 millions USD ne correspond pas à une progression globale des dépenses d’exploration dans toute l’industrie minière congolaise. Ce chiffre concerne le programme d’Ivanhoe Mines dans la zone cuprifère des Western Forelands. L’entreprise a relevé son enveloppe prévue pour 2026 de 50 millions à 86 millions USD, soit une augmentation de 36 millions USD. Cette décision traduit l’intérêt d’un investisseur pour un bassin géologique précis, mais elle ne permet pas, à elle seule, d’évaluer la confiance de l’ensemble des opérateurs présents en RDC.

Une distinction similaire s’impose pour le cobalt. Robert Malumba a attribué à la RDC près de 70 % des réserves mondiales, alors que ce pourcentage est généralement associé à la part du pays dans la production minière mondiale. Les données canadiennes situent cette contribution à 76,6 % de la production mondiale récente. La Banque africaine de développement estime pour sa part les réserves congolaises à environ 6 millions de tonnes, ce qui représente près de la moitié des réserves mondiales connues plutôt que 70 %. Cette différence entre réserves géologiques et production annuelle est essentielle pour mesurer correctement la position du pays.

Les données sur l’or appellent également une clarification. Les exportations officielles auraient dépassé 28,2 tonnes en 2025. Leur valeur est présentée dans certaines publications comme supérieure à 2,2 milliards USD, tandis que les statistiques consolidées de la Cellule technique de coordination et de planification minière relayées en avril l’évaluent à 2,84 milliards USD, contre 1,53 milliard USD en 2024. L’écart peut provenir de la période de consolidation ou du périmètre retenu. Il devra être expliqué pour éviter que plusieurs valeurs soient utilisées pour décrire les mêmes exportations.

La réforme devra préciser ce qu’elle veut corriger

Pour la FEC, une éventuelle modification du Code minier doit permettre à l’État de mieux valoriser les ressources naturelles sans réduire la compétitivité du pays. Robert Malumba estime que les investisseurs peuvent supporter les risques liés à la géologie, aux prix internationaux et aux conditions d’exploitation, mais qu’ils restent plus prudents lorsque les règles fiscales, douanières ou contractuelles changent fréquemment. Le patronat défend ainsi la stabilité juridique, la prévisibilité et le dialogue avec les entreprises comme conditions de maintien des capitaux engagés dans les projets miniers.

Cette position devra être confrontée aux attentes de l’État et des communautés locales. La croissance des volumes de cuivre, de cobalt et d’or ne suffit pas à démontrer que le cadre actuel assure une répartition satisfaisante des revenus, une transformation industrielle accrue ou une amélioration durable des territoires producteurs. Le débat devra donc identifier les dispositions qui n’ont pas produit les résultats attendus depuis 2018, les obligations insuffisamment appliquées et les changements susceptibles d’améliorer les recettes publiques sans bloquer les nouveaux projets.

Robert Malumba s’est engagé à transmettre aux institutions les recommandations qui seront adoptées à l’issue du forum. Leur portée dépendra toutefois de leur précision technique, de la publication des données utilisées et de leur intégration éventuelle dans un processus officiel. Le premier résultat observable sera donc le contenu du document final, notamment les modifications proposées, leur coût pour les entreprises et les recettes supplémentaires attendues par l’État.

— M. KOSI

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