La Présidence de la République a lancé une évaluation approfondie du contrat sino-congolais, dont l’enveloppe d’infrastructures avait été portée de 3,2 à 7 milliards USD en 2024. Les travaux débutent le 23 juillet 2026 et doivent examiner les réalisations, les contributions des parties ainsi que les obstacles qui ralentissent encore certains chantiers.
Le Gouvernement congolais et les partenaires chinois ouvrent une nouvelle séquence d’évaluation du programme « infrastructures contre mines ». Une première réunion s’est tenue mardi 21 juillet 2026 au Palais de la Nation, sous la direction d’Anthony Nkinzo Kamole, directeur de cabinet du Président Félix Tshisekedi.

Cette rencontre a servi à définir la méthodologie des travaux qui doivent commencer jeudi 23 juillet et se poursuivre jusqu’à la mi-août. L’exercice est organisé conformément à l’article 18 de la Convention de collaboration et à l’article premier de l’avenant numéro 5 signé en mars 2024.
L’évaluation réunit les principales institutions engagées dans l’exécution du programme. L’Agence de pilotage, de coordination et de suivi de la Convention de collaboration participe aux travaux aux côtés de la Gécamines, de l’Agence congolaise des grands travaux, de la Primature et des ministères des Finances, des Infrastructures et des Mines. Le président du conseil d’administration et le directeur général de la Gécamines étaient également représentés lors de la réunion de lancement.
Mesurer l’exécution après la renégociation de 2024
La Convention sino-congolaise associe l’exploitation de gisements de cuivre et de cobalt par la Sicomines au financement d’infrastructures publiques. L’avenant signé en 2024 a porté l’enveloppe consacrée aux infrastructures de 3,2 à 7 milliards USD. Le Gouvernement avait alors présenté cette révision comme un rééquilibrage du partenariat conclu avec le Groupement des entreprises chinoises.
La nouvelle évaluation doit désormais confronter ces engagements à l’avancement des projets sur le terrain. Selon le directeur général de l’APCSC, le programme a contribué à plusieurs ouvrages, dont la rocade de Kinshasa, des sections de la Route nationale numéro 1 et la route Kalamba-Mbuji.
L’exercice ne porte donc pas uniquement sur la valeur globale annoncée dans l’avenant. Il doit examiner les contributions de chaque partie, les travaux réalisés, les réponses apportées aux difficultés précédemment identifiées et les étapes nécessaires pour accélérer les projets en cours.
Le directeur général de l’APCSC considère qu’une telle évaluation devrait être organisée au moins une fois par an. Cette périodicité permettrait aux institutions congolaises, à la Gécamines et aux partenaires chinois de rapprocher régulièrement les engagements contractuels de l’exécution physique et financière des infrastructures.
La partie chinoise a favorablement accueilli le lancement de l’opération. Elle estime que les travaux permettront de présenter les contributions des différentes parties, les résultats du programme et les difficultés qui restent à résoudre.
Les obstacles administratifs parmi les sujets examinés
L’évaluation doit notamment aborder les blocages administratifs qui affectent l’exécution de certains chantiers. L’APCSC cite les difficultés liées à l’administration douanière parmi les facteurs pouvant ralentir l’importation d’équipements et la réalisation des travaux.
Dans un programme associant ressources minières et infrastructures, la coordination entre les institutions devient aussi déterminante que la disponibilité des financements. La Gécamines intervient dans le partenariat minier, tandis que l’ACGT suit la réalisation des infrastructures. Les ministères sectoriels doivent, de leur côté, traiter les questions fiscales, douanières, techniques et réglementaires liées aux projets.
Les travaux prévus jusqu’à la mi-août devront permettre d’identifier les problèmes relevant de chaque institution et de proposer des solutions communes. Leur portée dépendra de la capacité des parties à établir un état suffisamment précis des infrastructures réalisées, des projets en cours et des engagements restant à exécuter.
L’exercice intervient deux ans après la signature du cinquième avenant. Celui-ci avait également maintenu la structure de l’actionnariat de la Sicomines, instauré une redevance annuelle de 1,2 % au bénéfice de la RDC et reconnu une participation congolaise de 40 % dans la centrale hydroélectrique de Busanga.
L’évaluation lancée au Palais de la Nation ne constitue pas encore un nouveau bilan définitif du contrat sino-congolais. Elle ouvre une période de travail destinée à documenter les réalisations et à corriger les obstacles rencontrés dans l’exécution.
Les conclusions attendues à la mi-août devront surtout montrer comment l’enveloppe renégociée de 7 milliards USD se traduit progressivement en routes et autres infrastructures livrées. Pour la RDC, la performance de ce partenariat se mesurera moins par la valeur des engagements annoncés que par les ouvrages effectivement achevés et mis au service de l’économie.
— Peter MOYI









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