Le conflit autour du site minier de Kisankala, dans le territoire de Lubudi, prend une nouvelle dimension. Après les accusations de RMC Mining SAS, qui revendique les droits sur le périmètre et dénonce une occupation illégale de ses concessions, Lupemba Congo Mining rejette ces allégations et affirme, à son tour, disposer d’une base judiciaire et administrative pour justifier sa présence sur le site.
Dans un communiqué, Lupemba Congo Mining accuse RMC SAS de mener une campagne médiatique qu’elle qualifie de « mensongère » et d’entretenir la confusion autour des droits miniers couvrant le site de Goma, à Kisankala.
Le litige porte sur les titres miniers
Au centre de la controverse se trouvent deux séries de permis d’exploitation. RMC Mining revendique les PE n°15311 et 15312, tandis que Lupemba Congo Mining se prévaut des anciens PE n°12714 et 4632, initialement détenus par Goma Mining.
Contrairement à la version avancée par RMC Mining, Lupemba soutient que les anciens titres de Goma Mining n’ont pas expiré en mai 2022. La société affirme que le Cadastre minier aurait accordé une dérogation à leur expiration.
Pour étayer sa position, Lupemba cite une correspondance du Cadastre minier datée du 24 octobre 2022, référencée N°CAMI/DG/1106/2022, qu’elle présente comme reconnaissant cette dérogation au bénéfice de Goma Mining, avec l’intervention de son associée, la Gécamines.
Une réinstallation au cœur de la riposte
Lupemba Congo Mining affirme également avoir été réinstallée sur le site le 21 mars 2026, en succession des droits de Goma Mining.
La société lie cette réinstallation à plusieurs démarches judiciaires et administratives. Elle affirme notamment qu’une plainte introduite par RMC contre Goma Mining pour occupation illégale aurait été classée sans suite par le parquet général près la cour d’appel du Lualaba, sous la référence RMP2601/PG.059/BMB.
Elle évoque également une correspondance de l’Inspection générale des services judiciaires et pénitentiaires datée du 26 septembre 2025, relative à la réinstallation de Goma Mining et, par ricochet, de Lupemba Congo Mining.
Ces éléments sont présentés par Lupemba comme la base légale de sa présence sur le périmètre de Kisankala.
Lupemba conteste les nouveaux permis invoqués par RMC
La société met également en cause la validité des PE n°15311 et 15312 revendiqués par RMC Mining. Selon elle, ces permis correspondraient aux périmètres précédemment couverts par les titres n°12714 et 4632 de Goma Mining.
Lupemba appelle ainsi les investisseurs du secteur minier, particulièrement les entreprises américaines, à la prudence et à vérifier l’ensemble des documents officiels avant toute prise de position ou opération sur le site.
Dans sa communication, elle demande aux autorités congolaises de faire respecter les décisions de justice et de garantir, selon elle, la souveraineté de la justice congolaise.
Un dossier à départager sur pièces
Le différend entre les deux sociétés se joue donc désormais sur la validité des titres, la succession des droits miniers et la portée des décisions administratives et judiciaires invoquées par chacune des parties.
RMC Mining affirme être titulaire des PE n°15311 et 15312 et dénonce une occupation illégale de ses concessions. Lupemba Congo Mining soutient, pour sa part, que ses droits reposent sur les titres de Goma Mining ainsi que sur des actes administratifs et judiciaires qu’elle considère comme favorables à sa réinstallation.
Au-delà de la bataille médiatique, l’enjeu est désormais de déterminer, documents officiels à l’appui, quelle société dispose effectivement d’un titre minier valable et opposable sur le périmètre de Kisankala.
Eldad B.









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