Kinshasa a récemment accueilli une rencontre entre Kizito Pakabomba, ministre des Mines de la République démocratique du Congo, et Mme Leila Benali, ministre marocaine de la Transition énergétique et du Développement durable. L’échange, placé sous le signe de la coopération, vise à poser les jalons d’un partenariat stratégique autour de la traçabilité et de la certification des ressources minières. Ces enjeux, déterminants pour les deux pays, s’inscrivent dans une volonté commune d’améliorer la gouvernance et de maximiser les bénéfices économiques.
Le ministre congolais des Mines a souligné l’importance d’un cadre de collaboration solide pour accompagner les défis et opportunités du secteur. « Renforcer la transparence de nos processus grâce à la traçabilité et la certification constitue une priorité. Nous avons beaucoup à apprendre l’un de l’autre dans ce domaine », a-t-il déclaré. Cette ambition reflète un besoin croissant de sécuriser les chaînes d’approvisionnement tout en attirant des investissements internationaux.
Lors de cette rencontre, le Maroc a exprimé son intérêt pour l’expérience congolaise en matière de digitalisation des processus miniers. À l’inverse, la RDC se montre attentive aux innovations marocaines, notamment dans le développement durable et la recherche appliquée au secteur minier. Selon Kizito Pakabomba, « le dialogue sud-sud peut jouer un rôle décisif en permettant un transfert de compétences adapté aux spécificités de chaque pays ».
Outre les questions de traçabilité, les discussions ont également porté sur les possibilités d’industrialisation accrues. L’exemple de l’Indonésie dans le traitement et la valorisation du cobalt a été évoqué comme une piste à explorer. Pour la RDC, riche en minerais stratégiques, ce type de modèle pourrait non seulement améliorer les revenus, mais aussi réduire la dépendance aux exportations brutes. « Le potentiel est là, mais il faut des actions concrètes et une vision commune pour avancer », a ajouté le ministre congolais.
Ce rapprochement entre Kinshasa et Rabat reflète une stratégie plus large de diversification des partenariats économiques. Sous l’impulsion du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la RDC multiplie les initiatives pour s’intégrer davantage aux réseaux économiques africains et internationaux. Le Maroc, avec ses ambitions d’industrialisation et de développement durable, s’impose comme un partenaire de choix pour accompagner ces objectifs.
Les deux pays partagent une vision commune : faire du secteur minier un levier de transformation économique tout en répondant aux exigences croissantes de transparence et de durabilité. La mise en œuvre d’un partenariat renforcé pourrait non seulement bénéficier aux acteurs publics et privés, mais aussi créer de nouvelles opportunités pour les populations locales. Cette collaboration marque donc un pas important dans la construction d’une économie minière plus résiliente et équitable.
M. MATUVOVANGA

