L’Ambassade de Belgique a réuni, à Kinshasa, chercheurs et praticiens pour parler d’agriculture durable dans la province de la Tshopo. L’objectif est clair, mieux accompagner les paysans, créer des revenus stables et protéger le bassin du Congo, où près de 84 % des ménages vivent de la terre.
Science, partenaires et paysans réunis autour du « Couloir Vert »
Cette journée scientifique s’inscrit dans l’initiative appelée « Couloir Vert ». Elle est portée par l’Ambassade de Belgique avec Enabel, le PSFD et le ministère congolais de l’Agriculture. Ensemble, ils veulent renforcer les chaînes de valeur agricoles, c’est-à-dire tout le parcours du produit, du champ jusqu’au marché.
La Tshopo possède un potentiel agricole important. On y cultive le cacao, le café, le riz, le maïs, la banane et le manioc. Ces cultures peuvent nourrir les familles, mais aussi apporter des devises au pays si elles sont mieux accompagnées, mieux conservées et mieux transformées.
Pendant la rencontre, les experts ont présenté des solutions très concrètes. Ils ont parlé de techniques de conservation du maïs et du riz pour éviter les pertes après la récolte. Ils ont montré des pratiques d’agroforesterie, où l’on associe arbres et cultures vivrières sur la même parcelle, ce qui protège les sols et limite la pression sur la forêt.
Une attention particulière a été portée au cacao et au café. Des procédés de fermentation plus maîtrisés ont été présentés. Une bonne fermentation améliore le goût du produit, permet d’obtenir de meilleurs prix et ouvre la porte à des marchés plus exigeants, y compris à l’exportation.
Autour de la table, plusieurs institutions congolaises et internationales ont travaillé main dans la main : l’INERA, le CIFOR, l’Université de Gand, le Jardin botanique de Meise, le Musée royal de l’Afrique centrale, l’ERAIFT, l’Université de Liège – Gembloux Agro-Bio Tech, Enabel et le PSFD. Chacun apporte son expertise scientifique ou technique pour aider à concilier production agricole, lutte contre la déforestation et création de revenus pour les communautés locales.
La journée s’est terminée par une dégustation de chocolats issus de variétés locales de cacao. Un geste symbolique, qui montre qu’un produit cultivé et transformé dans de bonnes conditions peut créer de la valeur pour les paysans comme pour les consommateurs.
Derrière ces échanges, l’enjeu est simple : faire du Couloir Vert un espace où la science, la coopération et le savoir-faire paysan avancent ensemble, au service d’une agriculture plus durable et d’une prospérité partagée dans la Tshopo.
— M. KOSI


