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Banque centrale

RDC : le cuivre génère 27,7 milliards USD sur 34,9 milliards d’exportations en 2024

L’économie congolaise a progressé de 6,7 % en 2024 et l’inflation a reculé à 11,7 %. Mais les données de la Banque centrale du Congo montrent que cette performance reste fortement dépendante du cuivre, du cobalt et de la demande chinoise.

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L’économie congolaise a progressé de 6,7 % en 2024 et l’inflation a reculé à 11,7 %. Mais les données de la Banque centrale du Congo montrent que cette performance reste fortement dépendante du cuivre, du cobalt et de la demande chinoise.

La République démocratique du Congo a conservé une croissance économique élevée en 2024, malgré le ralentissement de la production minière, l’intensification du conflit dans l’Est et les incertitudes internationales.

Le produit intérieur brut réel a augmenté de 6,7 %, contre 8,6 % en 2023. Cette progression reste supérieure à la moyenne de 4 % enregistrée en Afrique subsaharienne, mais elle confirme une décélération de l’activité congolaise.

La valeur ajoutée des activités minières a progressé de 12,6 %, après 18,3 % une année auparavant. Les activités non minières ont, de leur côté, enregistré une croissance de 3,1 %, contre 3,5 % en 2023. Le secteur primaire a fourni 75,4 % de la croissance réalisée au cours de l’année, principalement grâce aux activités extractives.

La croissance ralentit en 2024, toujours tirée par les mines
Taux de croissance, en %, 2023 et 2024
051015208,6 %18,3 %3,5 %20236,7 %12,6 %3,1 %2024PIB réelActivités minièresActivités non minières
Source : BCC, rapport annuel 2024LePoint.cd
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PIB réelActivités minièresActivités non minières
20238,6 %18,3 %3,5 %
20246,7 %12,6 %3,1 %

Cette structure montre qu’une grande partie de la croissance congolaise continue de dépendre de l’évolution de quelques productions minières, des investissements des grands opérateurs et des cours internationaux.

Le cuivre domine les recettes extérieures

La production nationale de cuivre a progressé de 9,1 %, passant de 2,8 millions à 3,1 millions de tonnes entre 2023 et 2024. Celle du cobalt a augmenté de 41,9 % pour atteindre 198 777,2 tonnes.

La reprise de la mine de Kipushi a également fait bondir la production de zinc de 7 517,3 à 43 590,1 tonnes, soit une progression de 479,9 %. À l’inverse, la production d’or a reculé de 19,1 % et celle du pétrole brut de 18,4 %.

Les exportations de marchandises se sont élevées à 34,93 milliards USD, en hausse de 18 %. Les produits miniers et les hydrocarbures ont représenté 98,5 % du total, contre seulement 1,5 % pour les produits agricoles.

Le cuivre a généré à lui seul 27,71 milliards USD de recettes d’exportation, soit 79,3 % du total. Le cobalt a rapporté 3,81 milliards USD, l’or 1,58 milliard et le pétrole brut 611,1 millions USD.

Le cuivre a rapporté 27,71 milliards USD, 79,3 % des exportations de 2024
Recettes d'exportation des principaux produits miniers, en milliards USD, 2024
Cuivre27,71 Mds USDCobalt3,81 Mds USDOr1,58 Mds USD
Source : BCC, rapport annuel 2024LePoint.cd
Total des exportations de marchandises : 34,93 milliards USD. Pétrole brut : 611,1 millions USD.
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Exportations 2024
Cuivre27,71 Mds USD
Cobalt3,81 Mds USD
Or1,58 Mds USD

Les exportations agricoles ont atteint 519 millions USD. Leur progression a principalement été soutenue par le cacao, dont les ventes extérieures ont représenté 437,1 millions USD, contre 50,3 millions en 2023.

Le rapport annuel de la BCC ne recense pratiquement aucune exportation de produits industriels et énergétiques en 2024. La hausse des ventes extérieures n’a donc pas encore modifié la structure productive du pays, qui exporte essentiellement des matières premières et importe une grande partie de ses biens de consommation, de ses équipements et de ses produits intermédiaires.

La Chine est restée la première destination des exportations congolaises. Elle a absorbé 61,9 % du total, contre 57,3 % en 2023. Les ventes vers le marché chinois ont atteint environ 21,63 milliards USD et étaient principalement constituées de produits miniers.

Cette concentration expose les recettes extérieures de la RDC aux variations de la demande industrielle chinoise, aux prix des métaux et aux décisions d’un nombre limité d’opérateurs.

L’inflation ralentit, les dépenses publiques augmentent

L’inflation en cumul annuel a reculé de 23,8 % en 2023 à 11,7 % en 2024. Cette décélération est liée au ralentissement de la dépréciation du franc congolais, au maintien d’une politique monétaire restrictive et à l’amélioration de la gestion de la liquidité bancaire.

La Banque centrale a maintenu son taux directeur à 25 % et relevé de 10 % à 12 % le coefficient de la réserve obligatoire appliqué aux dépôts à vue en monnaie nationale. Malgré son recul, l’inflation est restée supérieure à l’objectif de moyen terme de 7 % retenu par l’Institut d’émission.

Sur le plan budgétaire, les recettes totales et dons ont atteint 33 641 milliards de CDF, tandis que les dépenses publiques se sont établies à 39 117,3 milliards. Le déficit a ainsi atteint 5 476,4 milliards de CDF, soit 2,7 % du PIB.

Le déficit public a atteint 5 476,4 milliards de CDF en 2024
Finances publiques, en milliards de CDF, 2024
010 00020 00030 00040 00033 641 Mds CDFRecettes et dons39 117,3 Mds CDFDépenses5 476,4 Mds CDFDéficit
Source : BCC, rapport annuel 2024LePoint.cd
Le déficit représente 2,7 % du PIB.
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2024
Recettes et dons33 641 Mds CDF
Dépenses39 117,3 Mds CDF
Déficit5 476,4 Mds CDF

Les dépenses ont notamment été poussées par les besoins sécuritaires et humanitaires, la gratuité de l’enseignement primaire, la Couverture santé universelle et le Programme de développement local des 145 territoires.

Les dépenses en capital sont passées de 2 850,3 milliards de CDF en 2023 à 8 002,9 milliards en 2024. Les arriérés de paiement ont toutefois atteint 4 074,3 milliards de CDF, malgré une baisse par rapport aux 8 171,7 milliards enregistrés un an plus tôt.

Le Trésor a renforcé son recours au marché intérieur. Les émissions de Bons et d’Obligations du Trésor ont mobilisé 4 811,3 milliards de CDF, contre 1 868,1 milliards en 2023. L’encours global des titres publics a atteint 3 471,6 milliards de CDF à la fin de l’exercice.

Dépenses en capital et emprunts du Trésor ont fortement augmenté en 2024
En milliards de CDF, 2023 et 2024
02 5005 0007 50010 0002 850,31 868,120238 002,94 811,32024Dépenses en capitalÉmissions de titres du Trésor
Source : BCC, rapport annuel 2024LePoint.cd
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Dépenses en capitalÉmissions de titres du Trésor
20232 850,3 Mds CDF1 868,1 Mds CDF
20248 002,9 Mds CDF4 811,3 Mds CDF

La dette publique totale s’est établie à 13,17 milliards USD, contre 10,56 milliards en 2023. Elle représentait 18,5 % du PIB, dont 7,61 milliards USD de dette extérieure et 5,56 milliards de dette intérieure.

Le rapport de la BCC décrit ainsi une économie qui a continué de croître et de mieux contenir l’inflation, mais dont les recettes extérieures restent concentrées sur les mines. La solidité de cette croissance dépendra de la capacité du pays à transformer davantage ses minerais, augmenter la production agricole et industrielle, puis élargir les activités non minières qui progressent encore deux fois moins vite que le secteur extractif.

— Peter MOYI