Le fonctionnement des ministères a consommé 173,9 % de son enveloppe annuelle en huit mois. Les institutions, les réformes, les contreparties de projets et les interventions économiques ont elles aussi franchi le plafond voté par le Parlement pour douze mois. Le dépassement cumulé atteint 3 046 milliards de francs congolais.

Le fonctionnement des ministères a consommé 173,9 % de son enveloppe annuelle en huit mois. Les institutions, les réformes, les contreparties de projets et les interventions économiques ont elles aussi franchi le plafond voté par le Parlement pour douze mois. Le dépassement cumulé atteint 3 046 milliards de francs congolais.
Une loi de finances fixe pour chaque ligne de dépense un montant à ne pas dépasser sur l’année. À fin août 2026, au bout de huit mois, plusieurs lignes du budget de l’État congolais l’avaient déjà franchi. C’est ce qui ressort des états de suivi budgétaire (ESB) publiés par le ministère du Budget, en rapportant les dépenses payées aux crédits votés pour l’année entière.
Le cas le plus massif est celui du fonctionnement des ministères. L’État y a payé 4 660,1 milliards de francs congolais (CDF), pour un crédit annuel de 2 679,2 milliards. La ligne a donc déjà consommé 173,9 % de son budget de l’année, soit 1 980,9 milliards de plus que l’autorisation parlementaire. Au même rythme jusqu’en décembre, elle atteindrait environ 6 990 milliards de CDF, plus de deux fois et demie le montant voté.
Le fonctionnement des institutions (présidence, Parlement, gouvernement, juridictions) atteint 2 256,2 milliards pour 1 800,5 milliards votés, soit 125,3 % et un excédent de 455,7 milliards. Le financement des réformes atteint 326,7 milliards pour 135,6 milliards votés (240,9 %). Les contreparties de projets, c’est-à-dire la part de l’État dans les projets cofinancés, atteignent 325,0 milliards pour 100,0 milliards votés (325,0 %). Les interventions économiques, sociales, culturelles et scientifiques dépassent elles aussi leur enveloppe, avec 1 369,0 milliards pour 1 175,4 milliards (116,5 %).
Ensemble, ces cinq rubriques ont dépensé 3 046,3 milliards de CDF au-delà de leurs crédits annuels, soit environ 1,34 milliard de dollars au taux de fin août. C’est 2,3 fois ce que l’État a payé pour toute la fonction santé sur la même période (1 327,2 milliards), et trois fois ce qu’il a consacré à ses équipements (996,1 milliards).
La même logique apparaît dans la classification par nature de dépense. Les achats de biens et matériels ont atteint 1 330,1 milliards de CDF pour un crédit annuel de 810,7 milliards, soit 164,1 % et 519,4 milliards de dépassement. Les engagements sur ce titre, c’est-à-dire les dépenses déjà décidées, atteignent 2 099,6 milliards, soit 2,6 fois le budget de l’année.
À l’autre bout, les lignes qui touchent les provinces et les entreprises attendent. Le fonds de péréquation n’a reçu que 54,8 milliards de CDF sur 496,4 milliards prévus à fin août (11,1 %), et la TVA remboursable 2,8 milliards sur 95,6 milliards (2,9 %). Les bourses d’études, l’investissement sur Eurobond et les subventions aux services déconcentrés n’ont reçu aucun paiement.
Comment une dépense peut-elle dépasser son crédit annuel ? En RDC, une partie des dépenses passe par des procédures dites d’urgence, payées avant d’être régularisées. Le FMI les surveille de près. Selon le ministère des Finances, elles représentaient encore 10,78 % des dépenses au quatrième trimestre 2025, au-dessus du seuil de 8 % recommandé par le Fonds, et plus de 93 % d’entre elles concernaient la sécurité. Les ESB ne précisent pas la part des dépassements de 2026 passée par cette voie.
La loi de finances rectificative promulguée le 10 août 2026 a ramené le budget de l’État à environ 22 milliards de dollars. Elle a pu relever certaines de ces lignes pour couvrir les dépenses déjà faites. Les ESB à fin août comparent toutefois l’exécution à un crédit voté de 45 420,8 milliards de CDF pour le budget général. Pour le fonctionnement des ministères, l’écart est tel qu’il faudrait presque doubler la ligne pour simplement couvrir ce qui a déjà été payé.
La Rédaction, Lepoint.cd





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