À fin août 2026, la RDC a remboursé sa dette extérieure au-delà du calendrier prévu, à 115 %. Sa dette intérieure n'est servie qu'à 16,6 %. Fournisseurs, entreprises en attente de remboursement de TVA et créanciers sociaux sont servis en dernier par le Trésor.

À fin août 2026, la RDC a remboursé sa dette extérieure au-delà du calendrier prévu, à 115 %. Sa dette intérieure n’est servie qu’à 16,6 %. Fournisseurs, entreprises en attente de remboursement de TVA et créanciers sociaux sont servis en dernier par le Trésor.
Les états de suivi budgétaire (ESB) du ministère du Budget à fin août 2026 détaillent qui l’État a payé, et dans quel ordre. Sur les 754,6 milliards de francs congolais (CDF) de capital de la dette remboursés en huit mois, 621,9 milliards sont allés aux créanciers extérieurs et 132,6 milliards aux créanciers intérieurs.
La dette extérieure est servie à 115,0 % de la prévision, au-delà de ce que le budget prévoyait de payer à cette date. La dette intérieure ne l’est qu’à 16,6 %. Selon un calcul de Lepoint.cd à partir de ces taux, les prévisions sur huit mois étaient d’environ 540,8 milliards pour l’extérieur et 798,8 milliards pour l’intérieur. Pour chaque franc remboursé à un créancier congolais, l’État en a remboursé 4,7 à un créancier étranger, alors que les prévisions étaient plus élevées pour les créanciers congolais. Le retard sur la prévision intérieure atteint environ 666 milliards de CDF.
Côté extérieur, la dette multilatérale absorbe 503,5 milliards de CDF et les créanciers du Club de Kinshasa 118,4 milliards. Côté intérieur, les 132,6 milliards se partagent entre la dette commerciale, due notamment aux fournisseurs de l’État (99,7 milliards), et la dette sociale (32,9 milliards).
Le même tri se retrouve dans les intérêts. L’État a payé 78,0 milliards de CDF de frais financiers, soit 10,2 % de la prévision, dont 64,7 milliards d’intérêts à la dette multilatérale et 13,3 milliards au Club de Kinshasa. Les états n’enregistrent aucun paiement d’intérêts moratoires, c’est-à-dire de pénalités pour paiement tardif, ni d’intérêts du Club de Paris, de la dette financière intérieure ou de la dette titrisée, qui regroupe les bons et obligations du Trésor.
La TVA remboursable, que l’État doit restituer aux entreprises, n’est exécutée qu’à 2,9 %, soit 2,8 milliards de CDF sur 95,6 milliards prévus. Les dépenses de prestations comptent 2 531,1 milliards de CDF ordonnancées, c’est-à-dire validées avec ordre de payer, mais pas encore payées. Pour les travaux de construction et de réhabilitation, ce montant atteint 1 625,4 milliards.
Les administrations qui collectent l’impôt sont elles aussi servies avec retard. La rétrocession, c’est-à-dire la part des recettes qui leur revient, atteint 889,2 milliards de CDF, soit 71,6 % du prévu. La Direction générale des impôts n’a reçu que 64,5 % de sa part (416,3 milliards), contre 77,7 % pour la DGDA (209,2 milliards) et 80,4 % pour la DGRAD (263,6 milliards).
| Taux d'exécution | |
|---|---|
| Dette extérieure (capital) | 115 % |
| Rétrocession aux régies | 71,6 % |
| Dette intérieure (capital) | 16,6 % |
| Frais financiers | 10,2 % |
| TVA remboursable | 2,9 % |
La priorité donnée aux créanciers extérieurs répond à une logique. La RDC est sous programme avec le FMI et a émis en avril son premier Eurobond, de 1,25 milliard USD. Un retard de paiement aux bailleurs peut coûter cher en crédibilité et en financements futurs. Chaque franc retenu côté intérieur peut en revanche peser sur la trésorerie des PME, des entreprises de BTP et des fournisseurs qui avancent biens et services à l’État.
À fin août, la dette commerciale servie représente 99,7 milliards de CDF, soit environ 44 millions USD au taux de la BCC du 28 août, 2 273 CDF pour un dollar.
P. MOYI





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