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La RDC sort de la liste grise du GAFI, la société civile réclame des résultats

Le GAFI a retiré la RDC de sa liste grise le 30 octobre, quatre ans après son inscription. Kinshasa attend des relations bancaires facilitées, mais la coalition Congo N'est Pas à Vendre juge la conformité technique insuffisante et demande des poursuites et la récupération des biens mal acquis.

CNPAV

Le GAFI a retiré la RDC de sa liste grise le 30 octobre, quatre ans après son inscription. Kinshasa attend des relations bancaires facilitées, mais la coalition Congo N’est Pas à Vendre juge la conformité technique insuffisante et demande des poursuites et la récupération des biens mal acquis.

Le Groupe d’action financière (GAFI) a retiré la RDC de sa liste grise le vendredi 30 octobre 2026, à l’issue de sa réunion plénière à Paris. Le pays y figurait depuis octobre 2022, pour des lacunes dans son dispositif contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et celui de la prolifération des armes de destruction massive. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a annoncé la décision le jour même.

Un plan de 23 mesures et une mission de terrain

Kinshasa a exécuté un plan d’action de 23 mesures, documenté par dix rapports de progrès. En juin, le GAFI avait jugé le plan en grande partie achevé et repoussé sa décision à une vérification sur place, que l’épidémie d’Ebola dans l’est du pays avait retardée. La mission de terrain s’est tenue en septembre.

Le 4e rapport de suivi renforcé, publié en mars 2026, classait 22 des 40 recommandations du GAFI comme conformes ou largement conformes, soit 55 %. Dix étaient partiellement conformes et huit non conformes.

22 des 40 recommandations du GAFI étaient conformes ou largement conformes en mars 2026
Niveau de conformité de la RDC aux 40 recommandations du GAFI, en nombre de recommandations, 4e rapport de suivi renforcé de mars 2026
Recommandations du GAFIConformes 27,5 %Conformes 27,5 %Largement conformes 27,5 %Partiellement conformes 25,0 %Non conformes 20,0 %
Source : 4e rapport de suivi renforcé de la RDC (mars 2026), cité par Droit Médias Finance, calcul LePoint.cdLePoint.cd
Le taux de 55 % est le rapport 22 sur 40 (11 conformes plus 11 largement conformes sur 40 recommandations).
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ConformesLargement conformesPartiellement conformesNon conformes
Recommandations du GAFI11 recommandations11 recommandations10 recommandations8 recommandations

Le ministère des Finances chiffre le travail des autorités entre 2022 et décembre 2025 à environ 540 contrôles sur pièces et sur place menés par la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), l’ARCA et la Banque centrale du Congo, 246 enquêtes ouvertes et 100 poursuites judiciaires. Il compte aussi 31 saisies et 13 confiscations d’avoirs criminels, pour un montant estimé à 46,75 millions USD, selon son communiqué rapporté par AfricaNews RDC.

Des banques attendues, une société civile réservée

Le gouvernement attend de cette sortie une meilleure confiance des partenaires financiers, des relations facilitées entre les banques congolaises et leurs correspondants étrangers et davantage d’investissements. La coalition Congo N’est Pas à Vendre (CNPAV), qui réunit des organisations de la société civile engagées contre la corruption, salue la décision, qu’elle juge nécessaire à la crédibilité financière du pays, et note que le GAFI rappelle lui-même que ce retrait ne signifie pas la disparition des risques.

Pour la coalition, la conformité technique n’est pas synonyme de justice effective. « Avoir de bonnes lois ne signifie pas les appliquer ! », écrit-elle dans son communiqué du 30 octobre. Elle appelle le Gouvernement à dépasser la simple mise en conformité, en mettant fin aux conflits d’intérêts au plus haut niveau de l’État, en garantissant le strict respect des règles de passation des marchés publics, en endiguant le recours abusif aux marchés de gré à gré et en mettant un terme aux dépassements budgétaires récurrents.

La CNPAV demande aussi d’utiliser les outils qui ont permis la sortie de la liste grise pour poursuivre les auteurs de détournements de fonds publics et récupérer les biens mal acquis.

J. KAKESA