Près de 86 % des emplois congolais sont informels, selon l'OIT, et la capitale tente de les encadrer. À Kinshasa, le marché central Zando doit proposer 10 000 étals et 650 magasins, avec une patente annuelle de 14 000 à 56 000 FC et un quitus fiscal exigé dès l'inscription.

Près de 86 % des emplois congolais sont informels, selon l’OIT, et la capitale tente de les encadrer. À Kinshasa, le marché central Zando doit proposer 10 000 étals et 650 magasins, avec une patente annuelle de 14 000 à 56 000 FC et un quitus fiscal exigé dès l’inscription.
Le travail informel est la règle en RDC. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), près de 86 % des emplois du pays relèvent de l’économie informelle, et environ 5 % de la population seulement est couverte par un régime de protection sociale, surtout des salariés du secteur formel. Ces chiffres accompagnent le lancement, le 16 mars 2026 à Kinshasa, d’un programme conjoint du gouvernement, des Nations unies et de la Banque mondiale, financé par le Fonds conjoint pour les objectifs de développement durable. Un pilote cible 1 500 jeunes, dont au moins 40 % de femmes, avec formation, appui à l’entrepreneuriat et accès à la sécurité sociale.
Pour les commerçants de la capitale, l’enjeu se joue aussi dans les marchés. Les autorités provinciales y répondent par l’espace, l’impôt et le démantèlement des occupations de rue.
Le nouveau marché central de Kinshasa doit compter 10 000 étals, 650 magasins, 10 chambres froides et 5 000 m² d’entrepôts, selon MediaCongo. L’enregistrement des candidats s’est déroulé du 7 au 20 avril 2026 au Jardin botanique. Il fallait être Congolais ou représenter une société de droit congolais, avoir au moins 18 ans, prouver l’exercice du commerce et présenter une preuve de paiement de l’impôt foncier ou de l’impôt sur le revenu locatif, afin d’obtenir un quitus fiscal.
Le gouvernement provincial associe à cette inscription la patente, un impôt annuel sur les petits commerçants. Selon Bankable, qui cite la plateforme numérique de la régie provinciale DGRK, elle varie de 14 000 à 56 000 FC selon la catégorie d’activité. Le gouvernement provincial affiche l’objectif d’élargir l’assiette fiscale de la capitale.
| Patente annuelle | |
|---|---|
| Catégorie A | 56 000 FC |
| Catégorie B | 42 000 FC |
| Catégorie C | 28 000 FC |
| Catégorie D | 14 000 FC |
Un commerçant doit donc régler son quitus fiscal, sa patente, son loyer et une garantie locative avant d’occuper une place. Ces formalités restaient à accomplir lors de la visite d’inspection du ministre provincial des Finances, Magloire Kabemba, le 20 août. La réouverture est annoncée comme prochaine.
Le programme conjoint et Zando ne visent pas les travailleurs informels de la même façon. Le premier passe par la formation et la protection sociale. Le second passe par l’inscription, l’impôt et le loyer.
Le 24 juillet, Radio Okapi a constaté que les abords de Zando avaient été nettoyés et réaménagés. Les équipes de l’Hôtel de ville ont curé les caniveaux, dégagé les collecteurs et refait la voirie de plusieurs avenues voisines. Des étals installés illégalement sur les trottoirs et les chaussées ont été démantelés. Un agent de la Brigade de salubrité décrit une politique de tolérance zéro, destinée à rétablir l’ordre urbain, à fluidifier la circulation et à préparer la réouverture du site. Le maintien de la propreté reste un défi, car il faut empêcher le retour des occupations informelles.
Rapportée à une année de 365 jours, la patente va d’environ 38 FC par jour pour la catégorie D à environ 153 FC pour la catégorie A.
M. MASAMUNA





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