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Électricité

Kinshasa manque de 1 200 MW, la SNEL mise sur 134 MW de centrales flottantes

La SNEL chiffre à 1 200 mégawatts le déficit électrique de Kinshasa et annonce 134 mégawatts de centrales flottantes de Karpowership pour la capitale. Le navire était encore à Istanbul le 19 octobre, et le gouvernement crée un Service national de dispatching pour piloter le réseau.

Teddy Lwamba

La SNEL chiffre à 1 200 mégawatts le déficit électrique de Kinshasa et annonce 134 mégawatts de centrales flottantes de Karpowership pour la capitale. Le navire était encore à Istanbul le 19 octobre, et le gouvernement crée un Service national de dispatching pour piloter le réseau.

Kinshasa reçoit à peu près la moitié de l’électricité dont elle a besoin. Le 1er octobre, lors d’un point de presse aux côtés du ministre de la Communication Patrick Muyaya, le directeur général de la SNEL, Teddy Lwamba, a chiffré le besoin de la capitale à 1 200 MW. D’après Zoom Eco, la puissance injectée sur le réseau tourne autour de 600 MW, avec un pic à 700 MW. Le manque réel atteint donc environ 600 MW, d’après les chiffres du directeur général.

Kinshasa reçoit environ la moitié de la puissance dont elle a besoin
Besoin estimé et puissance injectée sur le réseau, en MW, 1er octobre 2026
1 200 MW600 MW50,0 % de l’objectifKinshasaBesoin estiméPuissance injectée
Source : SNEL, Teddy Lwamba, point de presse du 1er octobre 2026LePoint.cd
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Besoin estiméPuissance injectée
Kinshasa1 200 MW600 MW

D’où vient le trou

Teddy Lwamba cite la croissance urbaine et l’activité minière, qui tirent la demande. Il estime que les importations d’électricité ont atteint leurs limites. Le niveau des eaux baisse de juillet à la mi-octobre, ce qui réduit la production hydroélectrique, et certaines machines ont été volontairement arrêtées, une unité ayant été retirée du réseau. Devant les députés provinciaux le 10 octobre, il a ajouté les machines indisponibles, la maintenance et la lenteur des marchés publics pour acheter des pièces de rechange.

La SNEL répartit la pénurie par rotation entre les zones, ce qui sert plus d’abonnés mais impose des coupures périodiques. Des habitants disent avoir passé des semaines sans courant, ou n’avoir de l’électricité que de 23 h à 4 h.

Les organisations de la société civile CNPAV et Réseau Mwangaza avancent un chiffre plus bas que celui de la SNEL. Dans un communiqué du 15 octobre, elles affirment que la puissance disponible est passée d’environ 700 MW à 390 à 450 MW depuis juillet. Selon ces chiffres, la baisse atteint 36 à 44 %, d’après un calcul de Lepoint.cd.

Ce que la SNEL annonce

L’annonce principale porte sur 134 MW de bateaux-centrales de Karpowership, à installer à Matadi. Le 1er octobre, l’ACP rapportait que la SNEL les présentait comme un premier apport et promettait un déploiement en moins d’un mois. Le 19 octobre, Teddy Lwamba a inspecté le navire à Istanbul, d’après Africa News RDC. La visite portait sur l’état des équipements, le remorquage vers Matadi et le raccordement au réseau national. Le calendrier reste à fixer, avec le transport du navire, les travaux de quai, la construction de la ligne d’évacuation et la synchronisation avec le réseau.

Ces 134 MW couvrent environ 11 % du besoin de 1 200 MW et environ 22 % du manque de 600 MW, selon un calcul de Lepoint.cd. Si la totalité de cette puissance parvenait à Kinshasa, l’injection passerait d’environ 600 à environ 734 MW, ce qui réduirait le déficit sans le combler.

D’autres projets sont annoncés pour l’horizon moyen. Le 9 octobre, lors d’Expo Béton, Teddy Lwamba a évoqué environ 246 MW de partenariats public-privé, un parc solaire d’une centaine de MW à Bandundu avec le groupe norvégien Scatec et 110 000 compteurs à poser à Kinshasa, d’après L’Œil d’Afrique.

Karpowership pèse 134 MW parmi les capacités annoncées par la SNEL
Puissance annoncée, en MW, calendriers différents selon les projets
Partenariats public-privé (moyen terme)246 MWKarpowership (Matadi)134 MWSolaire Scatec (Bandundu)100 MW
Source : SNEL, déclarations de Teddy Lwamba rapportées par l'ACP et L'Œil d'AfriqueLePoint.cd
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Puissance annoncée
Partenariats public-privé (moyen terme)246 MW
Karpowership (Matadi)134 MW
Solaire Scatec (Bandundu)100 MW

Qui paie, qui pilote

La facture de ces contrats n’est pas publique. CNPAV et Réseau Mwangaza demandent le coût du kilowattheure de Karpowership, les engagements financiers de la SNEL et les conditions du contrat. Elles s’interrogent aussi sur l’engagement annoncé de 110 millions de dollars de la SNEL dans la centrale hydroélectrique de Kibombo Bis. Elles réclament la publication des contrats, des licences, des tarifs et des bénéficiaires effectifs, ainsi qu’une vérification indépendante.

Du côté de la SNEL, Teddy Lwamba a dit qu’il faudra accepter de subventionner le secteur de l’énergie. L’État est le premier client de l’entreprise, avec 25 % de la consommation, et les retards de paiement comme les tarifs limitent ses moyens d’investir. Le 30 septembre, la SNEL a annoncé un recouvrement forcé des impayés, avec coupure en cas de persistance. Des abonnés contestent d’être facturés pour un courant qui n’arrive pas.

Le gouvernement a annoncé le 15 octobre la création par décret du Service national de dispatching, un établissement public chargé de piloter les flux d’électricité sur le réseau, d’assurer sa sûreté, de l’arbitrage technique et de l’optimisation énergétique. Le projet de décret avait été adopté le 8 mai en Conseil des ministres, sur présentation du ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo. Le nouveau service ne produit aucun mégawatt supplémentaire.