Le 10 novembre 2025, la turbine 5 de la centrale hydroélectrique d’Inga II a injecté ses premiers 50 MW sur la ligne dédiée à Kamoa Copper, dans le cadre d’un programme de 450 millions USD consacré à la remise à niveau des actifs de la SNEL financé par Ivanhoe Mines Energy RDC SASU (IVEN). Cette tranche de puissance change l’équation électrique d’un site minier fortement consommateur d’énergie et met en valeur le rôle du réseau public dans l’alimentation de l’industrie.
L’option hydroélectrique réduit la dépendance aux solutions thermiques coûteuses et volatiles pour un opérateur minier. Un bloc de 50 MW fournit une base plus stable pour les installations de production et de traitement du cuivre, avec un impact direct sur les coûts de revient et la prévisibilité des opérations. L’électricité reste fournie par la SNEL, sur des ouvrages qu’IVEN contribue à réhabiliter, ce qui ancre le montage dans l’infrastructure nationale plutôt que dans un système isolé.
Un financement privé au service d’infrastructures publiques

Les 450 millions USD engagés via IVEN couvrent notamment la réhabilitation du barrage de Mwadingusha et de la turbine 5 d’Inga II. Ces investissements portent sur la mécanique lourde, les alternateurs, les postes de transformation et les lignes d’évacuation, avec un double objectif : sécuriser l’alimentation de Kamoa Copper et accroître la capacité effective de la SNEL.
Ce type de montage améliore la production, mais aussi le transport et la distribution d’électricité. En remettant à niveau des actifs existants, la SNEL peut mobiliser davantage de puissance disponible sur son portefeuille de contrats, tout en réduisant les pertes techniques liées au vieillissement des équipements. La qualité de l’énergie injectée au réseau s’en trouve renforcée, ce qui limite les variations de tension qui pénalisent l’appareil productif.
Au cœur du dispositif, les équipes d’ingénierie de Kamoa Copper, d’IVEN et de la SNEL travaillent ensemble sur la maintenance, le suivi des performances et la planification des arrêts techniques. Cette coopération opérationnelle consolide la maîtrise du parc hydroélectrique par l’opérateur public, qui conserve la propriété des ouvrages et du réseau, tout en bénéficiant de financements et de savoir-faire privés.
Le résultat immédiat reste visible : 50 MW d’origine hydroélectrique livrés à un grand consommateur industriel, à partir d’actifs congolais réhabilités, avec un gain de capacité et de fiabilité pour l’ensemble du système électrique de la République démocratique du Congo.
Peter MOYI



