Mary-Jean Moyo a pris, le 1er septembre 2026, la direction de la division de la Société financière internationale couvrant la RDC, la Tanzanie, le Burundi, le Malawi, la Zambie et le Zimbabwe. Pour la RDC, son mandat intervient alors que l’IFC intensifie ses opérations dans le financement des PME, l’agriculture et le développement du marché des capitaux.
Le Groupe de la Banque mondiale a confié à Mary-Jean Moyo la supervision des activités de l’IFC dans six économies d’Afrique centrale, orientale et australe. Basée à Dar es Salaam, la responsable zimbabwéenne doit coordonner les opérations d’investissement, la mobilisation de capitaux privés et les activités de conseil de l’institution dans la région. Elle occupait auparavant le poste de cheffe de cabinet du directeur général de l’IFC et avait notamment dirigé les activités liées à l’industrie manufacturière, à l’agro-industrie et aux services au Moyen-Orient et en Afrique.
« Ensemble, nous allons mobiliser des capitaux, encourager l’innovation et l’entrepreneuriat », a déclaré Mary-Jean Moyo lors de l’annonce de sa nomination. Son mandat s’inscrit dans la stratégie du Groupe de la Banque mondiale visant à mieux articuler les réformes et investissements publics avec les financements, garanties et services de conseil destinés au secteur privé.
Pour la RDC, cette orientation est déjà visible dans plusieurs opérations engagées en 2026. En mars, l’IFC a structuré avec Proparco, British International Investment, eco.business Fund et le Fonds de l’OPEP un dispositif de 265 millions USD autour de Rawbank afin d’accroître les crédits aux PME et à plusieurs secteurs productifs. L’IFC présente cette opération comme le plus important financement qu’elle ait arrangé pour une institution financière congolaise. L’objectif annoncé est de permettre à au moins 1 500 PME supplémentaires d’accéder au financement sur quatre ans.
Financement, agriculture et marché des capitaux parmi les dossiers congolais
L’agriculture constitue un autre volet de cette stratégie. En avril 2026, l’IFC et le Royaume-Uni ont lancé un programme de quatre ans destiné à faciliter les investissements privés dans l’agro-industrie congolaise. Soutenue par une contribution britannique de 2,3 millions de livres sterling, l’initiative vise notamment plus de 300 PME détenues par des femmes et au moins 5 000 agriculteurs et entreprises agricoles, avec un objectif de création de plusieurs milliers d’emplois dans les chaînes de valeur.
L’IFC intervient également sur l’architecture du financement à long terme. Un projet de développement du marché des capitaux en RDC, approuvé en mars 2026 et doté d’un budget estimatif de 1,5 million USD, doit accompagner jusqu’en 2030 les réformes juridiques, institutionnelles et techniques nécessaires au fonctionnement d’un marché capable de mobiliser l’épargne domestique et des capitaux internationaux. L’un des objectifs est de faciliter le financement à long terme en monnaie locale pour les entreprises et les projets.
Ces opérations donnent un contenu concret au mandat désormais confié à Mary-Jean Moyo. Elles placent notamment le financement des PME, l’intermédiation bancaire, l’agriculture et les marchés financiers parmi les dossiers sur lesquels l’action de l’IFC peut directement influer sur l’investissement privé en RDC.
À l’échelle internationale, l’institution dispose d’une capacité financière en nette expansion. Au cours de son exercice 2025, l’IFC a enregistré 71,7 milliards USD d’engagements, contre 56 milliards l’exercice précédent. Ce montant inclut les ressources mobilisées auprès d’autres investisseurs et ne correspond donc pas uniquement aux fonds propres engagés directement par l’IFC.
Pour la RDC, les prochains indicateurs à suivre seront moins les annonces institutionnelles que les montants effectivement engagés et décaissés, le volume supplémentaire de crédits accordés aux entreprises, les investissements privés mobilisés et les emplois générés par les projets placés sous la supervision de la nouvelle directrice.
M. MASAMUNA









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