Dette publique : 50 ans après l’OGEDEP, la DGDP prépare sa réforme pour gérer Eurobonds et nouveaux financements

La Direction générale de la Dette publique a célébré le 16 septembre cinquante ans d’histoire institutionnelle, depuis la création de l’OGEDEP en 1976. À cette occasion, le ministre des Finances Doudou Fwamba a annoncé l’opérationnalisation prochaine du nouveau cadre de la DGDP, au moment où la RDC passe progressivement d’une dette largement concessionnelle à un portefeuille intégrant désormais Eurobonds, titres domestiques, notation souveraine et projets de finance verte.

La Rédaction

La Direction générale de la Dette publique a célébré le 16 septembre cinquante ans d’histoire institutionnelle, depuis la création de l’OGEDEP en 1976. À cette occasion, le ministre des Finances Doudou Fwamba a annoncé l’opérationnalisation prochaine du nouveau cadre de la DGDP, au moment où la RDC passe progressivement d’une dette largement concessionnelle à un portefeuille intégrant désormais Eurobonds, titres domestiques, notation souveraine et projets de finance verte.

La gestion de la dette congolaise entre dans une nouvelle configuration. Cinquante ans après la création de l’Office de gestion de la dette publique, OGEDEP, le 16 septembre 1976, la DGDP a consacré son cinquantenaire à Kinshasa à l’évolution de ses missions, alors que l’État vient pour la première fois d’accéder directement aux marchés internationaux de capitaux. L’actuelle DGDP a remplacé l’OGEDEP en 2009 et fonctionne comme service public placé sous l’autorité du ministère des Finances.

Doudou Fwamba a annoncé la mise en place d’un comité chargé d’accompagner l’opérationnalisation du nouveau cadre organique de l’institution. La réforme repose sur le décret n°25/20 du 29 avril 2025, qui actualise l’organisation et le fonctionnement de la DGDP et renforce son rôle dans la centralisation, l’analyse et la gestion des engagements de l’État.

L’objectif annoncé est d’élever les capacités de projection et d’analyse des risques, d’améliorer le dialogue avec les agences de notation et de préparer davantage les cadres congolais aux instruments des marchés internationaux. Le ministère veut également élargir progressivement les sources de financement, notamment vers les instruments liés à la finance verte.

Cette transformation intervient après une séquence historique différente. En 2010, la RDC avait atteint le point d’achèvement de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés. Le FMI et la Banque mondiale avaient alors annoncé un allègement total de 12,3 milliards USD, dont 11,1 milliards au titre de l’initiative PPTE renforcée et 1,2 milliard dans le cadre de l’Initiative d’allègement de la dette multilatérale.

De l’allègement de dette aux marchés internationaux

Seize ans plus tard, la problématique n’est plus seulement celle de la réduction d’un stock insoutenable. Elle concerne désormais la capacité à emprunter à des conditions maîtrisées, à gérer les échéances et à diriger les ressources levées vers des investissements capables de soutenir les recettes futures.

Le 9 avril 2026, la RDC a ainsi réalisé sa première émission obligataire internationale, levant 1,25 milliard USD. L’opération comprenait 600 millions USD avec un rendement de 8,75 % et 650 millions à 9,50 %. La demande totale des investisseurs avait dépassé 5 milliards USD.

Cette entrée sur les marchés modifie le métier de gestionnaire de la dette. Contrairement aux prêts concessionnels, les obligations internationales nécessitent un suivi permanent des taux mondiaux, des échéances, de la notation souveraine, du risque de refinancement et de la communication avec les investisseurs.

La dette congolaise reste néanmoins majoritairement constituée de financements concessionnels. Au 30 juin 2026, ceux-ci représentaient 68,61 % des instruments de financement considérés par la DGDP, contre 31,39 % de financements non concessionnels. L’encours total de la dette publique atteignait 18,552 milliards USD. La DGDP le situait encore sous 20 % du PIB à cette date.

Lepoint.cd avait déjà analysé cette évolution le 10 septembre, en montrant que l’encours avait augmenté de 23,6 % en six mois et que la question se déplaçait progressivement vers le service futur de la dette. Le cinquantenaire apporte désormais un autre élément au dossier, celui de l’adaptation de l’administration chargée de piloter ce portefeuille.

La prochaine contrainte sera la gestion du risque

La stratégie de dette à moyen terme 2026-2028 prévoit de continuer à privilégier les financements concessionnels tout en recourant à des instruments commerciaux lorsque les besoins l’exigent. Elle prévoit également une diversification des investisseurs et des ressources longues, notamment à travers de nouveaux instruments financiers.

Cette diversification augmente mécaniquement les exigences techniques. En 2026, le service total de la dette est projeté à environ 840 millions USD, avant des échéances extérieures plus élevées à partir de la fin de la décennie. Les premières obligations internationales rendent donc plus importante la capacité de la DGDP à prévoir les besoins de liquidité plusieurs années à l’avance, plutôt que de simplement suivre l’encours déjà contracté.

C’est sur ce terrain que la réforme annoncée devra être mesurée. La prochaine étape ne sera pas seulement l’installation du comité promis par le ministre, mais l’adoption effective du nouveau cadre organique, la montée en compétence des équipes et la publication régulière d’indicateurs permettant de suivre coût, maturité, risques de change, échéances et affectation des nouveaux emprunts.

J. KAKESA

Conversation

Votre avis compte

Commenter

Une precision, un chiffre a corriger, une experience terrain ou une question utile ? Votre commentaire peut enrichir le debat economique.

Laisser un commentaire

Agenda
7Oct

Mines

DRC-Africa Battery Metals Forum 2026

Date7 Oct 2026 - 9 Oct 2026
LieuKolwezi, RDC

Forum dedie aux metaux de batterie, au cobalt, au cuivre, aux chaines de valeur locales et aux opportunites industrielles en RDC.

12Oct

Energie

African Energy Week 2026

Date12 Oct 2026 - 16 Oct 2026
LieuCape Town, Afrique du Sud

African Energy Week is the African Energy Chamber’s flagship annual conference, exhibition and networking platform, bringing together African energy leaders, policymakers, project developers, financiers and international investors to…

12Oct

Energie

African Energy Week 2026

Date12 Oct 2026 - 16 Oct 2026
LieuCape Town, Afrique du Sud

Rencontre continentale sur les energies africaines, l investissement, le gaz, l electricite, le petrole et les politiques energetiques.

14Oct

Mines

African Mining Week 2026

Date14 Oct 2026 - 16 Oct 2026
LieuCape Town, Afrique du Sud

African Mining Week (AMW) is the ultimate platform to explore the continent’s rich mining opportunities

25Oct

Economie & finances

World Investment Forum 2026

Date25 Oct 2026 - 27 Oct 2026
LieuDoha, Qatar

Forum mondial de l investissement organise autour des politiques, capitaux et entreprises pour l investissement durable.

26Nov

Infrastructure

Africa Infrastructure Forum 2026

Date26 Nov 2026 - 28 Nov 2026
LieuAbidjan, Cote d Ivoire

Forum africain sur le financement des infrastructures, routes, energie, eau, transport, telecoms, logement et immobilier.

8Fév

Mines

Mining Indaba

Date8 Fév 2027 - 11 Fév 2027
LieuCape Town, Afrique du Sud

Investing in African Mining Indaba is the world's largest mining investment conference, dedicated to the capitalisation and development of mining in Africa.

8Fév

Mines

Mining Indaba

Date8 Fév 2027 - 11 Fév 2027
LieuCape Town, Afrique du Sud

Investing in African Mining Indaba is the world's largest mining investment conference, dedicated to the capitalisation and development of mining in Africa.