Le Gouvernement prévoit une adjudication de Bons du Trésor en dollars de 30 millions USD le 22 septembre, avec une maturité de six mois. Si l’opération est intégralement servie, les émissions en devises réalisées depuis juillet approcheraient 330 millions USD, soit 82,5 % de l’objectif trimestriel de 400 millions.
Le Trésor congolais revient sur le marché intérieur avec une émission de court terme. Le ministère des Finances prévoit pour le mardi 22 septembre une adjudication de Bons du Trésor en dollars américains d’un montant annoncé de 30 millions USD, assortis d’une maturité de six mois.
Cette nouvelle opération intervient deux semaines après une adjudication beaucoup plus importante. Le 8 septembre, le Gouvernement recherchait 80 millions USD à travers des Obligations du Trésor de deux ans portant un taux nominal de 8 %. Les investisseurs avaient soumis 88,527 millions USD, soit une couverture de 110,66 %, et le Trésor avait finalement retenu 86,027 millions USD.
Le retour à une maturité de six mois modifie cependant la nature du financement. Contrairement aux obligations de septembre, qui repoussent le remboursement du principal à 2028, les Bons mis sur le marché la semaine prochaine devront être remboursés dès 2027. L’État obtient ainsi une ressource de trésorerie plus courte, tandis que les investisseurs limitent la durée pendant laquelle leur capital reste immobilisé.
Le taux auquel le marché acceptera cette nouvelle émission sera donc l’un des indicateurs importants du résultat de l’adjudication. Le communiqué annonçant l’opération ne permet pas encore de connaître le rendement qui ressortira des soumissions.
Près de 300 millions USD déjà mobilisés depuis juillet
Lepoint.cd avait établi après l’adjudication du 8 septembre qu’environ 299,8 millions USD avaient déjà été mobilisés à travers les cinq principales émissions en devises du troisième trimestre. Ce total comprend 80,861 millions USD levés le 14 juillet, environ 48,6 millions le 28 juillet, 49,15 millions le 11 août, 35,2 millions le 25 août et 86,027 millions le 8 septembre.
Si les 30 millions USD proposés le 22 septembre étaient intégralement retenus, le montant cumulé atteindrait ainsi environ 329,8 millions USD, d’après le calcul de notre rédaction. Cela correspondrait à 82,5 % de l’objectif de 400 millions USD annoncé par le Gouvernement pour les émissions en devises du troisième trimestre.
Il resterait donc environ 70,2 millions USD à mobiliser pour atteindre cette cible trimestrielle.
Le calendrier indicatif publié en juillet prévoyait initialement six adjudications en devises, avec une dernière opération programmée au 29 septembre. Le nouvel avis portant sur le 22 septembre intervient donc avant cette échéance initialement annoncée. Il restera à voir si l’opération du 29 septembre sera maintenue, ajustée ou remplacée dans le calendrier définitif.
Pour l’ensemble du troisième trimestre, le Gouvernement avait annoncé vouloir rechercher 400 millions USD en Bons et Obligations du Trésor en devises, parallèlement à 300 milliards CDF sur le compartiment des titres en francs congolais indexés. Cette programmation avait également été reprise dans la note de conjoncture de la Banque centrale du Congo.
Le financement en dollars reste dominant
La capacité du Trésor à lever régulièrement des dollars reflète aussi la structure du système financier congolais. Une très grande partie des dépôts bancaires demeure libellée en devises, offrant aux banques et autres investisseurs institutionnels une base de liquidités en dollars susceptible d’être placée dans les titres publics.
Cette préférence offre à l’État une source de financement domestique sans devoir convertir immédiatement des ressources en francs congolais. Elle crée toutefois une exposition supplémentaire en devises pour le service de la dette publique et oblige le Trésor à gérer attentivement les échéances lorsque plusieurs émissions arrivent à remboursement sur des périodes rapprochées.
L’opération du 22 septembre permettra donc de mesurer deux éléments. Le premier sera la demande effective des investisseurs pour une maturité courte de six mois. Le second sera le rendement exigé pour prêter à l’État après une série d’émissions importantes depuis juillet.
Avec près de 300 millions USD déjà levés avant cette adjudication, la question n’est plus seulement de savoir si le marché peut absorber la dette publique en dollars. Elle porte désormais sur le coût de cette ressource et sur la capacité du Trésor à gérer l’accumulation des remboursements futurs.
M. KOSI









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