Le Gouvernement a adopté les textes de ratification de trois financements additionnels totalisant 475 millions USD pour TRANSFORME, le PERSE et le Projet multisectoriel de nutrition et de santé. Tous proviennent de l’Association internationale de développement, la branche concessionnelle de la Banque mondiale. À ces prêts s’ajoutent 16,3 millions USD de dons pour la santé, portant à 491,3 millions USD l’ensemble des ressources additionnelles liées aux trois opérations.
Le chiffre de 475 millions USD adopté vendredi 11 septembre par le Conseil des ministres correspond intégralement à des prêts de l’Association internationale de développement, IDA, et non à trois nouveaux financements négociés cette semaine. Les accords avaient été conclus en juin et avaient déjà franchi une première étape gouvernementale le 14 août. L’élément nouveau est leur progression dans la procédure congolaise de ratification après la prise, le 21 août, des ordonnances-lois n°26/011, 26/012 et 26/013.
Deux prêts concernent directement des programmes déjà fortement dotés. TRANSFORME reçoit 200 millions USD supplémentaires, à travers les accords A n°8077-ZR et B n°8078-ZR conclus, selon le Gouvernement, le 22 juin. Le PERSE, consacré à la gratuité de l’enseignement primaire et au renforcement du système éducatif, reçoit également 200 millions USD. Le troisième crédit, de 75 millions USD, va au Projet multisectoriel de nutrition et de santé. Les accords relatifs au PERSE et au PMNS sont respectivement rattachés aux 8 et 19 juin par les documents gouvernementaux.
L’enveloppe réelle attachée à ces trois opérations dépasse toutefois 475 millions USD. Le PMNS bénéficie parallèlement de deux dons de 6,3 millions et 10 millions USD, dont le second provient du Global Financing Facility. En intégrant ces ressources non remboursables, le paquet additionnel atteint 491,3 millions USD, dont 96,7 % sous forme de prêts.
TRANSFORME et PERSE passent respectivement à 500 millions et 1 milliard USD
C’est pour TRANSFORME que les documents de la Banque mondiale permettent actuellement de suivre le plus précisément l’utilisation des nouveaux fonds. Sur les 200 millions USD, 176 millions sont classés comme crédit IDA classique et 24 millions comme prêt à maturité plus courte. Le programme avait initialement obtenu 300 millions USD, moitié en crédit et moitié en don. Le financement IDA cumulé atteint désormais 500 millions USD.
L’essentiel de la nouvelle enveloppe, soit 140 millions USD, doit financer directement les femmes entrepreneures, la création d’entreprises et la modernisation des PME. Trente-deux millions sont consacrés à l’inclusion financière, avec notamment 25 millions USD supplémentaires pour le mécanisme de garantie de crédit. Quatorze millions iront aux infrastructures partagées et à l’accès aux marchés, et 14 millions à la mise en œuvre du projet. La Banque mondiale estime qu’environ 12 000 entreprises supplémentaires déjà formées pourraient recevoir un financement, dont 11 000 microentreprises dirigées par des femmes, 1 000 nouvelles entreprises et 150 PME établies.
Ce financement prolonge un mécanisme qui produit déjà des flux bancaires mesurables. Depuis juin 2024, le fonds de garantie soutenu par TRANSFORME avait permis de générer 117,4 millions USD de nouveaux prêts au bénéfice de 7 931 MPME, avec un effet multiplicateur supérieur à trois. Le financement additionnel doit aussi étendre le programme aux corridors d’Inga et de Lobito et repousser sa clôture de septembre 2027 à août 2029.
Pour l’éducation, les 200 millions USD s’ajoutent au PERSE, financé à l’origine à hauteur de 800 millions USD par l’IDA, dont 444 millions de crédit et 356 millions de don. L’enveloppe cumulée du programme atteindrait ainsi 1 milliard USD. Le financement initial avait une maturité de 38 ans avec six années de grâce. Ces conditions appartiennent cependant au crédit approuvé en 2020 et ne doivent pas être automatiquement appliquées aux 200 millions USD additionnels de 2026. En septembre 2024, 78 % du financement initial avaient été décaissés.
Des prêts concessionnels, mais leur coût exact doit être lu dans les accords
Les 475 millions USD ne constituent pas une dette commerciale classique. L’IDA finance les pays éligibles à des conditions très inférieures à celles des marchés. Au moment où les accords congolais ont été conclus en juin 2026, ses conditions générales prévoyaient plusieurs catégories de crédits. Un crédit régulier pouvait s’étendre sur 31 ans avec six années de grâce, tandis qu’un prêt IDA à maturité courte s’étalait sur 12 ans, dont six années de grâce, à 0 %. Pour un crédit régulier libellé en dollars, la commission de service applicable au deuxième trimestre 2026 était de 1,28 % par an. D’autres crédits concessionnels IDA pouvaient atteindre 40 ans avec onze années de grâce et un taux nul.
Pour TRANSFORME, la qualification des 24 millions USD en prêt à maturité courte permet donc déjà d’identifier cette fraction du montage. En revanche, calculer aujourd’hui le coût total de remboursement des 475 millions USD serait prématuré sans les tableaux d’amortissement, devises contractuelles et conditions particulières des trois accords signés. Les conditions standards de l’IDA donnent le cadre, mais le coût de la dette publique doit être calculé à partir des contrats effectivement ratifiés.
Le financement santé illustre également la nécessité de distinguer dette et ressources non remboursables. La Banque mondiale a approuvé 75 millions USD de crédit IDA pour le PMNS le 25 juin 2026, tandis que les 16,3 millions USD complémentaires sont des dons. Le programme finance les services de nutrition et de santé destinés notamment aux enfants de moins de deux ans ainsi qu’aux femmes enceintes et allaitantes, avec une extension des interventions de santé maternelle et infantile.
Le principal risque se situe désormais dans l’exécution. En août, le Gouvernement indiquait que son portefeuille actif de projets financés par les partenaires dépassait 10,7 milliards USD, mais que seulement 24,23 % avaient été décaissés. Plus de 8,3 milliards USD restaient donc à décaisser. Dans ce contexte, la mesure décisive pour les 491,3 millions USD ne sera pas leur seule ratification, mais leur conversion effective en crédits aux PME, en résultats scolaires et en services de santé et de nutrition.
Noella NGOLA









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