Le Gouvernement a mobilisé 86,027 millions USD lors de l’adjudication d’Obligations du Trésor du 8 septembre, alors qu’il recherchait initialement 80 millions. Les investisseurs ont présenté 88,527 millions USD d’offres, soit un taux de couverture de 110,66 %, et le Trésor en a retenu 97,2 %. En additionnant les principales adjudications en devises publiées depuis juillet, près de 300 millions USD ont désormais été mobilisés sur un programme trimestriel annoncé à 400 millions USD.
Le résultat du 8 septembre confirme que le marché domestique conserve une capacité d’absorption importante pour les titres publics libellés en dollars. Six soumissionnaires ont participé à l’opération, proposant au total 88,527 millions USD pour une émission annoncée à 80 millions. Le ministère des Finances a finalement accepté 86,027 millions USD, soit 6,027 millions de plus que le montant initialement recherché. Seuls 2,5 millions USD de soumissions n’ont pas été retenus. Les obligations portent un taux annuel de 8 % et une maturité de deux ans.
Le niveau de demande reste toutefois à apprécier dans la durée. Lors de l’adjudication du 14 juillet, le Trésor recherchait 60 millions USD et avait reçu 80,861 millions de soumissions, soit une couverture de 134,77 %. Le 28 juillet, l’émission de 40 millions USD avait attiré environ 48,6 millions, pour un taux de couverture de 121,7 %. Le 11 août, l’État avait ensuite levé environ 49,2 millions sur un objectif de 50 millions, ramenant la couverture à 98,3 %. Le retour à 110,66 % début septembre indique donc une demande de nouveau supérieure à l’offre, sans retrouver l’écart observé lors de certaines opérations précédentes.
Près de 75 % du programme trimestriel en dollars déjà mobilisé
Le calendrier publié en juillet prévoit six adjudications en devises entre juillet et septembre, avec un objectif global de 400 millions USD, parallèlement à 300 milliards CDF recherchés à travers les titres en monnaie nationale. Les émissions en dollars sont programmées les 14 et 28 juillet, les 11 et 25 août puis les 8 et 29 septembre.
En rapprochant les résultats publiés pour les cinq premières échéances — environ 80,861 millions USD le 14 juillet, 48,6 millions le 28 juillet, 49,15 millions le 11 août, 35,2 millions le 25 août et 86,027 millions le 8 septembre — notre rédaction obtient près de 299,8 millions USD mobilisés depuis le début du troisième trimestre. Cela représente environ 75 % de l’objectif de 400 millions USD, avec encore une adjudication en devises programmée à la fin septembre. L’opération du 25 août, portant sur des Bons du Trésor à douze mois, avait particulièrement attiré les investisseurs avec 65,6 millions USD de demandes pour seulement 25 millions mis en adjudication.
La préférence pour les titres en dollars doit aussi être replacée dans la structure du système bancaire congolais. Lepoint.cd avait déjà relevé qu’à fin juin, seulement 11,7 % des dépôts bancaires étaient libellés en monnaie nationale, laissant près de neuf dixièmes des ressources sous forme de devises. Pour les banques et autres investisseurs disposant de liquidités en dollars, les titres publics en devises évitent donc une partie du risque de change associé aux placements en CDF, tout en offrant ici un rendement nominal de 8 %.
Cette facilité de mobilisation constitue un avantage de trésorerie pour l’État, mais elle modifie aussi progressivement la structure de son financement intérieur. À fin juillet, l’encours global des titres publics atteignait déjà 7 655,2 milliards CDF, contre 7 524,7 milliards une semaine auparavant. Plus le Trésor développe les émissions en devises, plus la qualité de la gestion des échéances, du refinancement et du service de la dette devient importante.
L’adjudication du 8 septembre envoie ainsi un double signal. Le Trésor conserve l’accès aux liquidités en dollars du marché local et peut même lever davantage que son objectif initial lorsque la demande le permet. Mais avec près de 300 millions USD déjà mobilisés sur le trimestre, l’enjeu se déplace progressivement de la capacité à emprunter vers l’utilisation productive de ces ressources et la maîtrise des remboursements futurs.
M. MASAMUNA









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