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Rawbank prête 2,1 milliards de dollars et garde l’essentiel de ses dépôts en trésorerie

Les dépôts de la première banque du pays ont bondi de 23 % en six mois. Ses crédits ont reculé de près de 10 % sur la même période. Les mines captent plus d’un tiers des prêts, l’agriculture moins de 0,3 %, et la moitié du bilan est placée chez des banques étrangères.

Rawbank prête 2,1 milliards de dollars et garde l’essentiel de ses dépôts en trésorerie – : Rawbank crédits économie RDC
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Les dépôts de la première banque du pays ont bondi de 23 % en six mois. Ses crédits ont reculé de près de 10 % sur la même période. Les mines captent plus d’un tiers des prêts, l’agriculture moins de 0,3 %, et la moitié du bilan est placée chez des banques étrangères.

Au 30 juin 2026, l’encours brut des crédits de Rawbank s’élève à 4 791,0 milliards de francs congolais (CDF), soit environ 2,14 milliards de dollars au taux de clôture de 2 240 CDF. Fin décembre 2025, il était de 5 314,2 milliards de CDF. Le change étant resté presque stable sur la période (2 250 CDF pour un dollar en décembre), la baisse d’environ 9,4 % en dollars est bien réelle. Les crédits nets, après provisions, atteignent 4 636,3 milliards de CDF.

Les dépôts de la clientèle ont suivi la direction inverse. Ils passent de 10 793,0 milliards à 13 311,1 milliards de CDF en six mois, soit 23,3 % de plus, et environ 5,94 milliards de dollars. Le rapport entre crédits bruts et dépôts tombe ainsi à 36 %, contre 49 % fin 2025. Sur un an, les dépôts progressent de 11,9 %. Le tableau des flux de trésorerie montre que la clientèle a remboursé plus qu’elle n’a emprunté, avec un flux net de 522,1 milliards de CDF rentré dans les caisses de la banque au semestre.

Les dépôts montent, les crédits reculent
Dépôts de la clientèle et crédits bruts de Rawbank, en milliards de CDF
05 00010 00015 00010 7935 314,231 déc. 202513 311,14 79130 juin 2026Dépôts de la clientèleCrédits bruts
Source : Rawbank, rapport Pilier III au 30 juin 2026LePoint.cd
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Dépôts de la clientèleCrédits bruts
31 déc. 202510 793 Mds CDF5 314,2 Mds CDF
30 juin 202613 311,1 Mds CDF4 791 Mds CDF

Le poids de la banque dans le système reste considérable. À fin décembre 2025, la BCC chiffrait les dépôts bancaires du pays à 16,24 milliards de dollars et les crédits bruts à 10,27 milliards. À la même date, Rawbank détenait environ 4,80 milliards de dollars de dépôts et 2,36 milliards de crédits bruts, soit près de 30 % des dépôts et 23 % des crédits du pays.

L’industrie extractive reste le premier débouché du crédit. Les prêts aux mines atteignent 1 643,3 milliards de CDF, soit 34,3 % de l’encours brut, environ 734 millions de dollars. Fin 2025, Rawbank avait arrangé un financement syndiqué international de 400 millions de dollars pour l’extension du projet cuprifère Kamoa-Kakula. Viennent ensuite un poste « autres activités non sectorisées » de 937,8 milliards (19,6 %) et l’administration publique (247,1 milliards). Suivent la distribution de produits pétroliers (241,6 milliards), les transports et l’entreposage (228,7 milliards), l’industrie manufacturière (206,6 milliards) et les télécommunications (196,0 milliards).

Les mines reçoivent 34,3 % des crédits de Rawbank, l'agriculture 0,26 %
Crédits bruts de Rawbank par secteur, en milliards de CDF, au 30 juin 2026
Industries extractives1 643,3 Mds CDFActivités non sectorisées937,8 Mds CDFAdministration publique247,1 Mds CDFDistribution de produitspétroliers241,6 Mds CDFTransports et entreposage228,7 Mds CDFIndustrie manufacturière206,6 Mds CDFTélécommunications196 Mds CDFConstruction et BTP169,8 Mds CDFGaz et électricité153,5 Mds CDFCommerce de détail135,1 Mds CDFAgriculture12,4 Mds CDF
Source : Rawbank, rapport Pilier III au 30 juin 2026, tableau IVLePoint.cd
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Crédits bruts
Industries extractives1 643,3 Mds CDF
Activités non sectorisées937,8 Mds CDF
Administration publique247,1 Mds CDF
Distribution de produits pétroliers241,6 Mds CDF
Transports et entreposage228,7 Mds CDF
Industrie manufacturière206,6 Mds CDF
Télécommunications196 Mds CDF
Construction et BTP169,8 Mds CDF
Gaz et électricité153,5 Mds CDF
Commerce de détail135,1 Mds CDF
Agriculture12,4 Mds CDF

En bas du tableau, l’économie rurale et les services sociaux pèsent peu. L’agriculture reçoit 12,4 milliards de CDF, soit 0,26 % des prêts. L’élevage, la pêche et la sylviculture reçoivent 121 millions de CDF, la santé 12,1 milliards et l’enseignement 25,9 milliards. Le commerce de détail (135,1 milliards) et de gros (116,0 milliards) totalise 251,2 milliards, la construction 169,8 milliards, le gaz et l’électricité 153,5 milliards et l’immobilier 145,2 milliards.

Par type d’emprunteur, les entreprises privées absorbent 2 202,8 milliards de CDF, soit 46,0 % des crédits. Viennent ensuite les ménages (1 079,1 milliards, 22,5 %), les entreprises publiques (744,6 milliards, 15,5 %) et les PME (630,9 milliards, 13,2 %). Les administrations publiques en reçoivent 2,7 % et les autres emprunteurs 0,1 %. Les PME ne déposent que 295,8 milliards de CDF chez Rawbank, soit 2,2 % des dépôts. La banque leur prête donc plus du double de ce qu’elles lui confient, en recyclant l’épargne des ménages et des grandes entreprises. Les ménages déposent 4 220,6 milliards et empruntent 1 079,1 milliards.

Près de la moitié des crédits va aux entreprises privées
Répartition des crédits bruts de Rawbank par type d'emprunteur, en %, au 30 juin 2026
Crédits brutsEntreprises privées 46,0 %Ménages 22,5 %Entreprises privées 46,0 %Ménages 22,5 %Entreprises publiques 15,5 %PME 13,2 %Administrations publiques 2,7 %Autres 0,1 %
Source : Rawbank, rapport Pilier III au 30 juin 2026, tableau IV, calcul LePoint.cdLePoint.cd
Parts calculées par Lepoint sur un total de 4 791,0 milliards de CDF. Administrations publiques = centrale (65,8) + locale (61,7). Autres = ISBLM et divers (6,0). Arrondis au dixième.
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Entreprises privéesMénagesEntreprises publiquesPMEAdministrations publiquesAutres
Crédits bruts46,0 %22,5 %15,5 %13,2 %2,7 %0,1 %

L’État occupe une place à part. Les prêts directs aux administrations centrale et locale restent marginaux, avec 127,5 milliards de CDF. La banque finance en revanche le Trésor par les titres. Elle détient 987,6 milliards de CDF d’obligations du Trésor congolais, environ 441 millions de dollars, contre 940,4 milliards fin 2025. L’État est aussi un gros déposant. Les dépôts de l’administration centrale ont presque doublé en six mois (+89,8 %) pour atteindre 1 288,6 milliards de CDF, soit 9,7 % des dépôts de la banque.

La durée des prêts révèle une autre limite. Les crédits à moyen terme représentent 46,2 % de l’encours et les découverts 36,2 %. Le court terme pèse 12,5 % et le long terme seulement 5,1 %, soit 244,3 milliards de CDF. Le crédit-bail reste anecdotique, avec 13,7 milliards. Le financement d’investissements lourds sur dix ou quinze ans reste donc l’exception.

La monnaie nationale est quasi absente du crédit. Seuls 120,4 milliards de CDF de prêts sont libellés en francs, soit 2,5 % de l’encours. Côté dépôts, la part du franc congolais est de 7,8 %. Dans l’ensemble du système, la BCC chiffrait la part des dépôts en devises à 87,6 % à fin septembre 2026. Rawbank est donc plus dollarisée que la moyenne.

L’argent qui n’est pas prêté travaille ailleurs. Les avoirs chez les correspondants bancaires atteignent 9 130,6 milliards de CDF, environ 4,08 milliards de dollars et 48 % du total du bilan. Sur ce montant, 6 637,3 milliards sont placés chez QNB Paris, Natixis, Banca Intesa, First Abu Dhabi Bank, MCB, Commerzbank et Bank of China Dubaï. La banque détient aussi 764,5 milliards de CDF de bons et obligations du Trésor américain. Avec la caisse et ses avoirs à la BCC (2 687,9 milliards), la trésorerie représente 71,7 % du bilan, qui atteint 18 990,6 milliards de CDF, environ 8,48 milliards de dollars. Le ratio de liquidité globale culmine à 170,37 %, pour un minimum réglementaire de 100 %.

Le crédit potentiel progresse plus vite que le crédit réel. Les lignes de crédit accordées mais non utilisées par les clients bondissent de 54 % à 1 332,3 milliards de CDF. Les cautions, garanties et avals donnés augmentent de 48 % à 1 226,5 milliards. Pour se financer à long terme, la banque s’appuie sur des bailleurs de développement. Ses emprunts atteignent 384,2 milliards de CDF, environ 171,5 millions de dollars, auprès de la SFI (112,0 milliards), Proparco (112,0 milliards), BII (56,0 milliards, nouvelle ligne du semestre), Eco Business et l’OPEC (44,8 milliards chacun), la BADEA et le FPM.

La Rédaction, Lepoint.cd