USD/CDF 2 268,40+3,40EUR/CDF 2 548,09+9,39GBP/CDF 3 028,49+9,96Taux directeur 12,50 %Inflation hebdo 0,133 %Cuivre 14 536 $+0.96 %Or 4 141 $−0.96 %
Voir tous les indicateurs ↗
Publicité
BGFIBank RDC
DRC MINING WEEK
Critical Minerals & Industrialisation Forum
Banques

TPE en francs congolais, à quel taux les banques convertissent-elles les cartes en dollars ?

Depuis le 31 juillet 2024, la BCC demande que les terminaux de paiement électronique ne fonctionnent plus qu'en francs congolais. Or 87,6 % des dépôts bancaires sont en devises. Le cours appliqué à la conversion devient un enjeu à mesure que le cash en devises sera interdit, le 9 avril 2027.

bitmap 800 nocrop 1 1 20240606155557676171 terminal
bitmap 800 nocrop 1 1 20240606155557676171 terminal

Depuis le 31 juillet 2024, la BCC demande que les terminaux de paiement électronique ne fonctionnent plus qu’en francs congolais. Or 87,6 % des dépôts bancaires sont en devises. Le cours appliqué à la conversion devient un enjeu à mesure que le cash en devises sera interdit, le 9 avril 2027.

La correspondance adressée le 3 juin 2024 par la gouverneure d’alors, Malangu Kabedi Mbuyi, aux établissements de crédit et aux sociétés financières leur demande de paramétrer leurs terminaux de paiement électronique « uniquement en monnaie nationale ». La date butoir était fixée au 31 juillet 2024. À ce moment, 13 % seulement des TPE en service dans le pays acceptaient le franc congolais. La BCC entendait inciter la population à utiliser davantage la monnaie nationale pour les achats courants, tout en précisant que la mesure n’exclut ni la détention ni l’usage de cartes libellées en devises.

Une carte en dollars, un terminal en francs

Ce dernier point pèse lourd dans un système bancaire où les dépôts en devises représentaient 87,6 % du total à fin septembre 2026, contre 12,4 % en francs congolais, selon les chiffres présentés par le gouverneur André Wameso à Kolwezi. Un client dont la carte est adossée à un compte en dollars et qui règle une facture libellée en francs subit une opération de change, relevait en juin 2024 l’analyste Caleb Bonyi Mukadi Mukandila dans une analyse publiée par Mediacongo.

Les devises pèsent 87,6 % des dépôts bancaires en RDC
Répartition des dépôts bancaires par monnaie, fin septembre 2026, en %
Fin septembre 2026Devises 87,6 %Devises 87,6 %Francs congolais 12,4 %
Source : BCC, intervention du gouverneur à KolweziLePoint.cd
Voir les données
DevisesFrancs congolais
Fin septembre 202687,6 %12,4 %

Les grilles tarifaires des banques portent la trace de cette mécanique. Celle de Rawbank, datée du 31 octobre 2025, exprime des montants en dollars avec leur équivalent en francs congolais « au taux du jour ».

Le cours officiel s’étale déjà sur 102 francs

La BCC publie chaque jour ses propres cours. Le 2 octobre 2026, le dollar était coté 2 265 francs en moyenne, 2 213,92 francs à l’achat et 2 316,08 francs à la vente. L’écart entre ces deux bornes atteint 102,16 francs, soit 4,5 % du cours moyen.

La BCC cote le dollar entre 2 213,92 et 2 316,08 francs
Cours officiels USD/CDF publiés par la BCC, 2 octobre 2026, en francs congolais pour 1 dollar
01 0002 0003 0002 213,92 CDFCours acheteur2 265 CDFCours moyen2 316,08 CDFCours vendeur
Source : BCC, cours de change officielsLePoint.cd
Voir les données
CDF pour 1 USD
Cours acheteur2 213,92 CDF
Cours moyen2 265 CDF
Cours vendeur2 316,08 CDF

À titre d’illustration arithmétique, une facture de 226 500 francs revient à 100 dollars au cours moyen, à 102,31 dollars au cours acheteur et à 97,79 dollars au cours vendeur, soit 4,52 dollars d’écart pour un même achat.

Un enjeu qui grandit avec l’échéance d’avril 2027

Le 9 avril 2026, le Comité de politique monétaire a décidé qu’à compter du 9 avril 2027, plus aucune transaction en espèces en monnaies étrangères ne sera admise. Toute opération en devises devra emprunter la voie scripturale, c’est-à-dire le virement, la carte ou le paiement bancaire. Le gouverneur André Wameso a par ailleurs plaidé à Kolwezi, en octobre 2026, pour une réglementation du change mieux adaptée aux réalités économiques du pays.