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Cuivre et greenflation, ce que les chiffres confirment et ce qu’ils laissent ouvert

Des analystes voient dans le cuivre cher un moteur de stagflation à la fin de 2026. Les chiffres de marché confirment des prix élevés et un déficit hors États-Unis, mais ils ne démontrent pas à eux seuls une stagflation. Pour la RDC, 1,72 million de tonnes de cuivre exportées au premier semestre exposent aux décisions américaines.

TFM cuivre
TFM cuivre

Des analystes voient dans le cuivre cher un moteur de stagflation à la fin de 2026. Les chiffres de marché confirment des prix élevés et un déficit hors États-Unis, mais ils ne démontrent pas à eux seuls une stagflation. Pour la RDC, 1,72 million de tonnes de cuivre exportées au premier semestre exposent aux décisions américaines.

Selon une analyse récente du marché du cuivre, la « greenflation », c’est-à-dire l’inflation liée à la transition énergétique, agirait comme un choc d’offre persistant. L’analyse avance un consensus de 14 400 à 14 700 dollars la tonne d’ici la fin de 2026 et un risque de stagflation, mélange de croissance faible et d’inflation. Les données publiques permettent de vérifier une partie de cette lecture.

Des prix élevés et un déficit hors États-Unis

Le cuivre à trois mois du London Metal Exchange (LME) s’échangeait à 14 339,50 dollars la tonne le 20 octobre, selon Reuters, soit 3,6 % sous le record de 14 875 dollars de septembre. Goldman Sachs a relevé sa prévision de fin 2026 de 13 735 à 14 700 dollars, une hausse de 7,0 %, et sa moyenne 2027 à 15 400 dollars. La cible de 14 700 dollars est donc celle d’une banque, pas un consensus de marché. Goldman estime le déficit hors États-Unis à 950 000 tonnes en 2026.

Ce déficit tient en grande partie à la ruée américaine. Les stocks des États-Unis dépassent 1,6 million de tonnes, dont plus de 700 000 dans les entrepôts du Comex, qui détiennent environ 70 % des stocks visibles mondiaux, d’après Reuters. Les négociants anticipent un droit de 15 % sur le cuivre raffiné importé à partir du 1er janvier 2027, puis de 30 % en 2028. Le plan est une proposition et aucune décision n’a été annoncée à la mi-octobre. Il s’agit d’une mesure américaine, et non d’une barrière tarifaire mondiale.

Les coûts physiques montent aussi. Le fondeur Aurubis a relevé à 347 dollars la tonne sa prime pour les clients européens en 2027, contre 315 dollars en 2026, soit 10,2 % de plus, selon Fastmarkets. Codelco propose 350 dollars, un record.

Ce que les chiffres ne montrent pas

Plusieurs signaux vont dans l’autre sens. Les stocks du LME ont progressé de 11 475 tonnes, soit 8 %, en une semaine à la mi-octobre, et les acheteurs chinois restent prudents à ces niveaux de prix, d’après Reuters. Le cours a reculé de 14 700 dollars, son plus haut de trois semaines atteint le 14 octobre, à 14 364 dollars le 21 octobre. Une analyste de Macquarie juge le cuivre « bien plus élevé qu’il ne devrait l’être » au regard des stocks.

Aucun de ces chiffres ne mesure l’inflation sous-jacente ni le ralentissement de l’activité industrielle. Ils décrivent un métal cher et un marché tendu hors des États-Unis. La thèse de la stagflation repose sur des données macroéconomiques que les prix du cuivre seuls ne fournissent pas.

La RDC, entre volumes et décisions américaines

Le pays est exposé des deux côtés. Il a exporté 1 724 217 tonnes de cuivre au premier semestre 2026, contre 1 650 189 un an plus tôt, soit 4,5 % de plus, d’après les statistiques provisoires du ministère des Mines. Les cathodes en représentent 1 477 389 tonnes, soit 85,7 % du total. Ces exportations sont facturées aux cours internationaux et profitent des prix actuels.

Le corridor de Lobito a atteint un record mensuel de 17 856 tonnes de cuivre en juillet, selon Lobito Atlantic Railway, soit environ 6 % de la moyenne mensuelle d’exportation du semestre, d’après le calcul de Lepoint.cd. Côté offre, Goldman cite le complexe congolais de Kamoa-Kakula parmi les sites qui ne retrouveront pas leur pleine capacité avant 2028. Ivanhoe y a produit 76 401 tonnes de cuivre vendable au troisième trimestre.

Le plan américain prévoit 15 % dès le 1er janvier 2027.