La coalition Le Congo n’est pas à vendre (CNPAV) estime que la RDC a perdu 412,6 millions USD depuis la signature de l’avenant 5 à la convention sino-congolaise, en 2024, parce que le financement des infrastructures reste plafonné à 324 millions USD par an alors que le cuivre s’échange nettement au-dessus de 8 000 USD la tonne. Le prix moyen de 2026 dépasse pourtant déjà le seuil de 12 000 USD à partir duquel une part supplémentaire est prévue.
Signé le 14 mars 2024, l’avenant 5 porte le partenariat avec les groupes chinois à 7 milliards USD sur 20 ans, selon le gouvernement congolais. Il prévoit 324 millions USD par an jusqu’en 2040 tant que le cuivre reste au-dessus de 8 000 USD la tonne, selon Agence Ecofin. Sous ce niveau, le financement diminue progressivement et s’arrête à 5 200 USD. Au-delà de 12 000 USD, 30 % des bénéfices supplémentaires des groupes chinois sont affectés à de nouveaux projets d’infrastructures.
Dans un mini-rapport consulté par Actualité.cd, le CNPAV dénonce un « déséquilibre structurel ». Son expert Lewis Yola souligne qu’entre 8 000 et 12 000 USD, le financement n’augmente pas avec les prix, comme si le cuivre restait à 8 000 USD, et qu’il ne dépend ni des volumes de cuivre ni de ceux de cobalt. Le CNPAV compare ce mécanisme à une formule proportionnelle, que l’avenant applique pour les prix entre 7 000 et 8 000 USD, et en déduit un manque à gagner. La même organisation avait estimé en avril à plus de 400 millions USD les pertes cumulées, et affirme que Sicomines devrait avoir versé plus de 1,4 milliard USD entre 2024 et 2026 au lieu de 972 millions USD versés à ce jour. Ces chiffres sont ceux d’une organisation de la société civile, établis à partir de sa propre méthode de calcul.
Le seuil de 12 000 USD est dépassé en 2026
Le CNPAV affirme que le cuivre n’a pas encore atteint 12 000 USD. Les cours de fin de mois publiés par la Banque centrale du Congo (BCC) donnent pourtant en 2026 une moyenne d’environ 13 500 USD la tonne sur janvier à septembre, avec 14 693,8 USD au 24 septembre, d’après un calcul de Lepoint.cd. Cette moyenne est supérieure au seuil de 12 000 USD. Si la moyenne annuelle de 2026 reste au-dessus de ce niveau, le mécanisme des 30 % des bénéfices supplémentaires pourrait s’appliquer, selon les termes rapportés par Ecofin, dont la base de calcul précise n’est pas détaillée dans les sources consultées. Cette moyenne repose sur des cours de fin de mois et non sur la moyenne annuelle contractuelle.
Le gouvernement présente l’avenant comme un cadre de 7 milliards USD de financement, avec une prévision de 624 millions USD pour 2024, et indique que le financement dépend du prix du cuivre fixé à 8 000 USD à titre prévisionnel, selon Zoom Eco.
Le calcul du supplément pour 2026, une fois la moyenne annuelle connue, dira si les 30 % prévus au-delà de 12 000 USD sont versés à la RDC.








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