Des exploitants non autorisés, protégés par des hommes en uniforme, occupent de nouveau une partie de la concession de Metalkol, filiale d’Eurasian Resources Group (ERG) dans le Lualaba, selon le groupe. Ils évacueraient environ 700 tonnes de résidus par jour, malgré les instructions du président Félix Tshisekedi de retirer les militaires des sites miniers.
ERG indique que l’occupation a commencé le 21 août 2026 et se poursuit, et que Metalkol n’a plus accès à la zone concernée en raison de la présence militaire. Des pelleteuses et des camions travailleraient jour et nuit, et les résidus partiraient vers des usines de traitement voisines détenues par des sociétés chinoises, a déclaré le groupe à Bloomberg. À ce rythme, 700 tonnes par jour représentent environ 21 000 tonnes par mois, d’après un calcul de Lepoint.cd. La valeur de ces volumes dépend de la teneur en cobalt et en cuivre des résidus évacués. Selon Africa Intelligence, repris début octobre, l’exploitation aurait atteint une échelle quasi industrielle, et une obstruction du déversoir de Nzilo est signalée, ce qui fait craindre un effet sur la centrale hydroélectrique de 100 MW.
Une troisième alerte en huit mois
Metalkol retraite des résidus miniers historiques près de Kolwezi. ERG détient des droits sur plus de 100 millions de tonnes de résidus, et la capacité annoncée de l’usine est d’environ 23 000 tonnes de cobalt sous forme d’hydroxyde et 100 000 tonnes de cathodes de cuivre par an.
Une première occupation avait débuté en février 2026, selon l’organisation Justicia Asbl, qui l’attribue à la coopérative minière Hosanna, protégée par des militaires. L’organisation affirme que la coopérative invoquait la dépollution de la rivière Musonoi. Une mission conjointe incluant la Maison militaire du chef de l’État et l’Inspection générale des FARDC aurait restitué la zone en mai, d’après Bloomberg. En août, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a retiré l’agrément de coopérative d’Hosanna et a demandé à Metalkol d’engager des mesures urgentes de dépollution de la rivière dans un délai de 45 jours, selon des lettres consultées par Bloomberg.
Le 10 juillet, le président Tshisekedi avait demandé le retrait des hommes en uniforme présents illégalement sur les sites miniers. Le gouvernement prépare de nouvelles missions conjointes dans les principales provinces minières. Africa Intelligence évalue à plusieurs milliards USD les pertes potentielles liées à l’exploitation illégale sur les concessions de plusieurs filiales d’ERG.
L’issue des missions conjointes annoncées et la reprise de l’accès de Metalkol à la zone occupée seront les indicateurs à suivre.









Votre avis compte
Une precision, un chiffre a corriger, une experience terrain ou une question utile ? Votre commentaire peut enrichir le debat economique.